Ange Kévin Nzigou

Né dans le sixième arrondissement de Libreville, Ange Kévin Nzigouy a fait ses études primaires à l’école publique de Nzeng Ayong 2, puis le Lycée Léon MBA pour faire sa terminale dans le sixième arrondissement au Lycée Djoué Dabany, avant de poursuivre ses études de droit en France où il obtient un double master droit pénal des affaires et en justice et procès à l’université Paris 1 Sorbonne Panthéon.

Il s’inscrit en thèse et parallèlement dans un cabinet d’avocat parisien avant de devoir rentrer en urgence au Gabon pour des raisons familiales, il intègre le barreau du Gabon par le cabinet de Jean Paul Moubembé et s’installe finalement au Gabon, renonce à ses engagements parisien. Frappé par la misère dans laquelle vit le peuple gabonais malgré la richesse du pays, il est pris par un sentiment de révolte qui le pousse à s’engager en politique. En socialiste convaincu il intègre l’UPG, où il va créer et animer le Mouvement des Jeunes Upégistes. Etant attaché aux normes, les turpitudes de l’UPG l’emmène à poursuivre son combat aux côtés de JDD Moukagni Iwangou où il est vice-président de l’Union et Solidarité après avoir démissionné de la présidence du MJU pour donner la chance à d’autres.

Sans langue de bois, Ange Kévin Nzigou répond aux questions de la rédaction d’i24gabon

Le texte de la nouvelle constitution gabonaise a récemment été adopté par une large majorité de députés. Du côté de l’opposition on parle d’une « monarchisation » du pouvoir. Quelle est votre position à ce sujet ?

Il faut d’emblée affirmer que la révision constitutionnelle au forceps envisagée par le système vomis par le peuple gabonais ne suffira pas à faire oublier la raclée du 27 août 2016 ou à rassembler les Gabonais encore moins à redresser le pays. Malgré cette adoption illégitime opérée par une assemblée qui ne représente plus la nation, le système doit comprendre qu’il doit reculer.

Ce vote n’est pas un test pour nous, loin s’en faut. C’est un test pour le système lui-même. Malgré tout, c’est un moment important pour l’histoire de notre pays, parce que la démolition de notre système politique, la monarchisation envisagée, c’est un peu notre histoire que le système du vivre ensemble à bout de souffle veut détruire. Par cette révision, le clan BONGO marque sa volonté d’étouffer, une fois de plus l’expression populaire. Il montre par cette révision son attachement à une opposition inanimée. Est-ce que cette révision fait avancer notre vivre ensemble ? Evidemment que non. Est-ce qu’il porte sur des sujets qui sont à l’origine de la crise grave et profonde que traverse notre pays ? Bien sûr que non.

Soyons lucide, ceux qui nous suivent, les Gabonais, ne peuvent pas penser que cette révision suffira à redresser le pays et à solutionner les problèmes qui arpentent notre quotidien. Est-ce qu’il participe à conforter le clivage dans notre pays ? Bien entendu. Pendant tout ce cirque politique, les vrais problèmes qui minent le quotidien des gabonais ne sont pas traités. Cette attitude appelle une opposition solide, soudée et déterminée à défendre les valeurs de la République auxquelles nous tenons fortement.

Seize mois après la Présidentielle d’août 2016, monsieur Jean Ping continue de réclamer sa victoire tout en rassurant qu’Ali Bongo quittera bientôt le sommet de l’État. Croyez vous encore à une possible passation de pouvoir entre Ali Bongo et Jean Ping?

Ce en quoi je crois au-dessus de tout, c’est en la souveraineté du peuple et tant qu’elle est active tout devient possible. Autrement dit, si le peuple se mobilise pour qu’une passation se fasse, elle se fera. Aujourd’hui nous sommes dans un déni de démocratie, et nous devons tous en tenir compte pour tirer les conséquences de cette situation. J’ai soutenu Jean Ping aux dernières élections, et comme j’ai la constance comme boussole, vous imaginez bien que ma volonté la plus intacte est de le voir à tête de notre pays d’autant qu’il a réuni en son nom la majorité du peuple gabonais.

Vous êtes  président d’honneur du Mouvement des Jeunes Upegistes et troisième  vice président de l’Union et Solidarité, l’aile UPG de Moukagni Iwangou. A ce titre, quelles sont vos perspectives pour les futures élections législatives dans votre fief du sixième arrondissement de Libreville ?

Mon projet politique, s’est toujours inscrit dans un engagement collectif, je n’envisage aucun projet personnel qui serait contraire au projet collectif auquel j’adhère. Cela ne veut pas dire que je n’ai aucune conviction personnelle, bien au contraire, mais je m’efforce à l’inscrire dans le cadre collectif. Il n’est un secret pour personne que j’ambitionne de devenir député du 6° arrondissement. Mais je note qu’aujourd’hui la question de notre participation aux prochaines échéances n’est pas encore définitivement réglée. Même si je crois que le débat aujourd’hui se rapproche de façon lucide à la position que je partage avec beaucoup d’autres.

Je crois, par respect pour ceux qui, de bonne foi, pensent que c’est une mauvaise idée d’y participer, qu’il nous faut épuiser le débat en interne avant de publiquement nous prononcer sur le sujet. Mais il est clair que notre participation à ces élections sera une fois de plus, la démonstration du rejet massif de ce système, c’est pourquoi je pense que cette élection sera une fois de trop reportée au mépris de nos institutions et d’une certaine idée de la démocratie.

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