société

Réouverture des églises : Mgr Iba-Bâ reçoit une douche froide des fidèles de l’église et tente la désinformation pour manipuler l’opinion.

• Comments: 6


Ils sont à peine quelques centaines à avoir répondu à l’appel de l’Archevêque Métropolitain de Libreville, Mgr Jean Patrick Iba-Bâ, sur toute l’étendue du territoire national. Très loin des centaines de milliers de fidèles que compte l’Église catholique du Gabon. Un coup de massue pour le numéro un de cette église qui a tenté de rattraper le coup en laissant ses communicants propager des fake news.

C’est une remarquable douche froide que vient d’essuyer l’Archevêque de Libreville, ce dimanche 25 octobre 2020. Mgr Iba-Bâ avait appelé à la désobéissance de la décision du gouvernement de rouvrir les églises à compter du 30 octobre 2020. Même la tentative de récupération d’une certaine opposition et d’une certaine société civile en perte de vitesse n’aura pas suffi pour ébranler la maturité du peuple gabonais qui n’a pas répondu à l’appel. Résultat : une faible mobilisation.

La maturité d’un peuple se mesure par sa capacité à ne pas céder à une violence toute azimut et à être capable  de déceler le vrai du faux. Refuser de répondre à l’appel d’un Archevêque métropolitain est à féliciter. C’est surtout le signe que les Gabonais voient dans la décision du gouvernement, une volonté de préserver des vies face à une pandémie qui a déjà fait plus d’un million de morts à travers le monde. Cette décision sage, de respecter les consignes du gouvernement devrait interpeller tous les leaders religieux.

Les forces de l’ordre sont toutes aussi à féliciter pour le professionnalisme et le discernement dont ils ont fait montre en privilégiant l’apaisement malgré les nombreuses provocations. Les Chrétiens ont été autorisés à prier en toute quiétude aux abords des églises. Sur l’ensemble du territoire national, aucun affrontement n’a été enregistré. À la cathédrale Saint Charles Louanga d’Oyem, des grenades assourdissantes ont été utilisées pour dissuader quelques dizaines de fidèles qui ont tenté d’improviser une marche en totale violation des dispositions en la matière. Une opération de maintien de l’ordre qui n’a duré que quelques minutes. Aucune bombe lacrymogène n’y a été utilisée contrairement à ce que laisse entendre l’église.

En revanche, la vaine tentative de désinformation aux fins de manipulation de l’opinion par l’Archevêque de Libreville et compagnie est à déplorer. En milieu de matinée, la page Facebook officielle de l’Église catholique du Gabon a annoncé la mort par fusillade de l’abbé Saturnin dans son église de Mekambo. Sous la pression, les communicants de l’église ont été contraints de rétablir la vérité : « Dans le cadre de la publication des événements en Eglise de ce dimanche 25 octobre 2020, nous avons publié une information reçue d’une laïque catholique engagée. Cette information, qui faisait état de l’assassinat de l’abbé Saturnin dans son église à Mekambo, est fausse. L’abbé Saturnin se porte bien. Nous nous excusons auprès de l’abbé Saturnin et de la communauté catholique. Nous invitons les personnes de bonne foi à vérifier les actualités de notre Eglise qu’elles nous partagent. Faute de quoi, nous ne pourrons plus publier des contributions de laïcs. Union de prière. », peut-on lire sur la même page. Il en est de même pour la prétendue arrestation du syndicaliste Marcel Libama qui séjourne actuellement à Franceville pour l’enterrement de sa regrettée mère.

Force reste donc à la loi et à l’autorité publique. La réouverture des églises et mosquées n’interviendra que le 30 octobre 2020. Cette réouverture est assortie de nombreuses conditions : un seul jour de culte par semaine, il faut un test Covid négatif pour participer à un culte et les offrandes ainsi que la communion sont interdites. Le non-respect de ces mesures est passible d’une amende de 5 millions de FCFA.

comments icon6 comments
6 notes
1807 views

Write a comment...

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *