Etienne Francky Mba Ondo, plus connu sous le nom de Meboon Moon Meba Ondo à travers lequel il intervient dans la presse écrite et en ligne, est un jeune gabonais de 31 ans qui vient de soumettre à l’opinion publique gabonaise le projet d’introduction du Procès – Verbal Vidéo dans le processus électoral.

Après un parcours complet au Collège Bessieux, et le couronnement de ses études de langue anglaise  et de management au Ghana, il rentre au Gabon et s’inscrit au département des sciences de l’information et de la communication de l’Université Omar Bongo.Communicant de formation et conseiller à ce titre auprès du cabinet de l’ancien premier ministre Raymond Ndong Sima, son parcours universitaire ouvre une nouvelle page en sciences politiques du département de Droit de l’UOB où son projet susmentionné fera l’objet d’un travail scientifique.

Sans langue de bois, Etienne Francky Meba Ondo a répondu aux questions de la rédaction de i24gabon

I24gabon : Depuis quelques semaines, vous faites la promotion de l’introduction du Procès-verbal Vidéo dans le processus électoral au Gabon. De quoi s’agit-il exactement ?

Etienne Francky Mebo Ondo : La présente proposition est citoyenne et objective. Elle vient d’être validée pour faire l’objet d’un travail scientifique en Sciences Politiques au Département de Droit de l’Université Omar Bongo. Elle vise en effet l’introduction du Procès-verbal Vidéo (PVV) dans le processus électoral. Inspirée par un ensemble d’observations répertoriées au fil des élections présidentielles depuis 1993.

Observations confirmées par le contentieux postélectoral de 2016. A savoir : les incohérences et irrégularités dans la production par l’administration électorale de résultats électoraux restaurant la confiance entre la classe politique, les électeurs et les institutions gabonaises qui se veulent pourtant républicaines et, donc, impartiales. Cette proposition porte essentiellement sur un nouveau format du Procès-verbal rendant compte des résultats dès la fermeture des bureaux de vote. Un PVV qui n’est pas influencé par les contingences liées à l’acheminement et la centralisation des résultats auprès de la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP).

Autrement, il s’agira désormais de filmer les opérations de dépouillement, de délibération et le procès-verbal manuscrit et contresigné dans le bureau de vote par l’ensemble de ses membres. Afin que chaque partie détienne un exemplaire-vidéo susceptible de faire preuve en cas de contentieux devant la Cour Constitutionnelle.

La production et la diffusion de ces vidéos pourront tout aussi se faire de façon instantanée sur une plateforme publique et accessible aux citoyens, suivant le modèle du « Facebook live » dans les zones recevant une couverture optimale du réseau internet. Ou en différé pour les zones sans grande couverture. En anticipant sur les difficultés liées à la disponibilité du courant électrique et de l’éclairage dans certains coins du pays, nous notons heureusement que l’évolution technologique, aujourd’hui, permet de trouver à moindres coûts sur le marché des batteries mobiles et des dispositifs d’éclairage fonctionnant à l’énergie solaire. Avec plusieurs heures d’autonomie.

 I24gabon : Avez-vous déjà entrepris des démarches auprès des différentes organisations en charge de l’organisation des élections au Gabon aux fins de présenter votre projet ? Si oui, qu’en est-il ?

Etienne Francky Mebo Ondo : Notre démarche se veut légaliste et républicaine. Nous sommes sur le point d’adresser une série de correspondances aux institutions parties prenantes au processus électoral dans notre pays.

Celles dont le discours officiel, depuis la dernière présidentielle, fait profession de foi sur la volonté de trouver des solutions en vue de prochaines élections apaisées, transparentes, crédibles et, surtout, sans pertes de vies humaines. Tout comme nous avons déjà adressé des courriers à certains partenaires de notre pays sur la question électorale.

Nous notons bien qu’un dialogue intensif se tient entre le gouvernement et l’Union Européenne qui publiait un communiqué le 06 Octobre dernier disant, je cite : « L’UE réaffirme son engagement à accompagner le Gabon dans ses réformes, entre autres électorales, qui doivent renforcer la gouvernance démocratique. L’UE reste disponible à travailler avec le Gouvernement et les autres parties prenantes pour faciliter l’organisation des élections futures crédibles et transparentes et consolider l’Etat de droit. » Nous irons à la rencontre des institutions. En tout cas, celles qui répondront favorablement à nos demandes en vue de présenter notre projet en prévision des prochaines échéances électorales dès 2018.

I24gabon : Vous êtes considéré, à juste titre, comme étant l’un des jeunes leaders d’opinion les plus prolifiques de ces dernières années. Pourtant, votre positionnement politique échappe à vos compatriotes. Êtes-vous de la majorité, de l’opposition ou de la société civile ?

Etienne Francky Mebo Ondo :Mon droit de vote, comme celui de tous mes compatriotes en âge de voter, se fonde constitutionnellement sur la citoyenneté. Je suis d’abord citoyen gabonais comme tous ceux qui sont de la majorité, de l’opposition ou de la société civile. Je suis ainsi relié à tous mes compatriotes bien avant les étiquettes partisanes. Et le projet d’introduction du Procès-verbal Vidéo (PVV) que je soumets en discussion à la communauté nationale voire internationale ne saurait être profitable à certains gabonais contre d’autres. Il le sera, j’en suis convaincu, pour l’évolution positive de notre pays sans distinctions aucunes. Cela dit, je ne suis pas militant du Parti Démocratique Gabonais au pouvoir.

Je ne peux donc pas être de la majorité. C’est au moins une certitude. Par contre, ceux qui observent le débat politique national ont pu me voir proche de l’ancien candidat et ancien Premier Ministre Raymond NDONG SIMA qui assure mon tutorat politique depuis quelques années. Je partage ses idées politiques aujourd’hui condensées dans un livre publié l’an dernier et intitulé : « Le temps des choix. 2016 et au-delà ». Puisque nous sommes favorables à un changement des mentalités conduisant à un débat public et politique éloigné des arguments ad hominem. Loin des attaques personnelles pour résolument nous tourner vers la confrontation objective des idées, propositions et idéologies politiques. Notre doctrine politique est plus proche de la Social-démocratie.

Je suis donc un réformiste, d’où ma proposition visant l’introduction du Procès-verbal vidéo (PVV) dans le processus électoral.

Notre projet politique s’articule autour de cinq (5) axes : l’établissement et le respect de l’Etat de droit ; la réforme de l’Etat et l’ajustement de sa taille à ses revenus (les deux premiers axes ayant inspiré ma présente proposition) ; la stimulation d’une croissance durable ; L’organisation d’une solidarité nationale distincte d’une impression de « Pitié » envers nos compatriotes et, enfin, l’accélération de l’intégration subrégionale, notamment dans le cadre de la CEMAC.

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