Lancée en grande pompe par le Chef de l’État il y’a plusieurs mois, l’opération mamba qui a pour vocation de traquer les criminels financiers dépositaires de l’autorité de l’État connaît déjà ses premiers épilogues.

Les premières victimes

Sans doute l’un des procès les plus médiatisés de l’histoire de la justice gabonaise, Blaise Wada, poursuivi pour le détournement de près de deux (2) milliards de francs CFA, a ouvert les hostilités de la séries d’audiences de la cour criminelle spéciale chargée de traquer les criminels financiers avec à la clé une peine de vingt  (20) années d’emprisonnement ferme assortie d’une amende de deux (2) milliards de francs CFA, la saisie de ses bien ainsi que le rapatriement de ses fonds à l’étranger. Une issue qui n’est pas de nature à rassurer Étienne Ngoubou et  Magloire Ngambia, tous deux poursuivis pour des détournements encore plus lourds. On parle de plusieurs centaines de milliards de francs CFA  du contribuable détournés par ces derniers. Sans doute seront-ils condamnés à perpétuité?

Un poids deux mesures

Tout ceci aurait été normal si l’opinion aussi bien nationale qu’internationale ne relevait pas le fait que  la totalité des hauts cadres de l’administration mordus par le mamba jusqu’à présent, est essentiellement issu du parti au pouvoir, en l’occurrence le PDG. Un fait étrange qui ne saurait passer inaperçu et sous silence quand on connaît l’insolente fortune  de plusieurs néo-opposants au pouvoir en place. Du principal opposant Jean Ping à Barro Chambrier, en passant par Guy Nzouba Ndama et consorts, il est de notoriété publique que ces derniers possèdent des richesses qui ne sauraient se justifier par les différents salaires perçus tout au long de leurs carrières respectives.

L’on est en droit de se demander pourquoi seuls les opposants sont épargnés par l’opération Mamba? Toute chose qui ne plaît guère aux barrons du PDG et à la population gabonaise qui dénoncent une forme d’injustice. Le Chef de l’État protège t-il ses opposants au point de conférer à ces derniers une immunité dont les membres de son Parti politique ne peuvent prétendre?

Une désillusion

Nombreux sont les Gabonais qui avaient salué cette initiative. Il va sans dire que le contexte économique actuel impose plus de rigueur dans la gestion de l’argent public. Tout comme il est impératif que les sommes colossales détournées depuis des années par des fonctionnaires indélicats soient restituées au trésor public qui a fortement besoin d’être renfloué. Les Gabonais attendent que tous les criminels financiers soient poursuivis, sans distinction de bord politique.

Ali BONGO va t-il enfin se résoudre à délier la justice et lui permettre de travailler en toute équité? À quand les premières interpellations dans le camp de l’opposition gabonaise?

Nous-y reviendrons.

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