À peine installé à la tête de l’hôtel de ville de Libreville la capitale Gabonaise, Léandre Nzué essuie les critiques y compris au sein du PDG, sa propre formation politique. En cause, l’opération de déguerpissement des marchés anarchiques qui écument la quasi-totalité des trottoirs et carrefours de la métropole. Mais à bien y regarder, l’édile de Libreville n’a t-il finalement pas raison avant tous ces détracteurs du moment?

L’on se souvient des premières semaines d’Ali Bongo au pouvoir en 2009 avec ces vastes et tonitruantes opérations de déguerpissement des mêmes trottoirs de Libreville dont l’objectif final était de désengorger la route nationale 1 qui part du kilomètre 0 à Ntoum. Devenue beaucoup trop étroite à l’époque, car seule issue pour rallier l’intérieur du pays, celle-ci était, et reste encore la plus utilisée en terme de circulation aujourd’hui.

Or, dix ans plus tard, c’est à dire, partant de l’année 2009 qui marque l’arrivée du président gabonais au pouvoir à maintenant, cette nationale 1 reste indiscutablement l’ouvrage infrastructurel référentiel de ce que pouvait et devait être la vision très futuriste et révolutionnaire du défunt plan stratégique Gabon émergent (PSGE) du chef de l’État.

Dix ans après donc, l’histoire semble quasiment se répéter et s’acharner cette fois-ci sur Léandre Nzué dont la méthode jugée plus ou moins énergique est mise en avant par rapport à l’idéal que masque la démarche.

En effet, qu’en serait-il aujourd’hui du magistère d’Ali Bongo si partir du front de mer de Libreville au rond-point de Mélen, aux portes de Libreville (pk12) n’était plus qu’un jeu d’enfants?

Si les longues et interminables files d’embouteillages qui partaient parfois du pk14 à Rio, (pire encore le dimanche soir alors que la plupart rentrait de week-end) ne sont plus qu’un lointain et cauchemardesque souvenir, c’est bien parce qu’il y’avait bien l’idéal de la voie actuelle dans la tête d’un homme.

Chaque trottoir de Libreville étant devenu un marché, il apparaît juste et voire encourageant d’y mettre un terme.

Le maire de Libreville, Léandre Nzue, supervisant l’opération « libérez les trottoirs »

Certes il faut de la méthode et de la considération pour ces mères de familles qui n’ont pour seul soutien financier que le petit commerce, encore qu’il faut se souvenir que l’on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs. Si tant est que les vieilles mauvaises habitudes ont la tête dure, mais que le développement de toute nation implique chacun de ses habitants.

Destruction des étalages anarchiques par les agents municipaux

Dès cet instant, il apparaît donc judicieux qu’au lieu de crier à-tout-va sur le premier citoyen de la capitale Gabonaise, que le pouvoir exécutif et même législatif via le parlement, accompagnent l’initiative de ce dernier en l’encadrant mieux pour y mettre un peu dans son approche. Persuadés de la justesse ainsi que de l’opportunité que revêt cet engagement d’un homme qui, visiblement incompris, veut oser là où d’autres avant lui se sont contentés de subir un ordre sauvage établi.

Philippe Nzamba

Laisser un commentaire

Entrez votre commentaire!
Entrez votre nom ici