Comme le veut la tradition établie dans notre pays, le ministre de l’Education national, Michel Menga M’Essone, s’est adressé à l’ensemble de la communauté éducative, à la veille même de la rentrée des classes. Dans son discours de circonstance, tout en faisant le bilan de l’année scolaire précédente, en présentant les perspectives pour l’année 2019-2020, le ministre a appelé à « la synergie d’actions » pour sauver l’éducation au Gabon.

Le ministre Michel Menga, tenu par la tradition républicaine qui recommande à chaque ministre de l’Education nationale de prononcer un discours de circonstance à la veille de la rentrée des classes, n’a pas dérobé à la règle. Ainsi, ce dimanche 29 septembre, ce fut « un agréable devoir et un immense plaisir » pour le ministre Menga de s’adresser « à tous les acteurs du système éducatif de notre pays, notamment à ceux de l’administration centrale et déconcentrée, aux chefs d’établissements, aux équipes pédagogiques, au personnel d’encadrement psychologique et social, aux parents d’élèves, aux partenaires sociaux et, bien entendu, au apprenants de tous les niveaux et de tous les ordre d’enseignement ».

Quelques moments forts à retenir de ce discours. D’abord, le bilan de l’année précédente. Avec un effectif total de 885 862 élèves sur l’ensemble du pays, l’année 2018-2019 a connu, d’après le ministre, quelques avancées significatives grâces au concours de certaines agences du système des Nations-Unies, telles que l’Unesco et l’Unicef ainsi que de certains Fonds internationaux, qui ont soutenu le programme d’accompagnement des élèves du primaire issus des peuples autochtones dans les provinces de la Ngounié, de l’Ogooué Ivindo et du Woleu-Ntem, dans l’optique de lutter contre le décrochage scolaire et de permettre une éducation inclusive ; ce qui a permis de distribuer 2 000 kits scolaires. Aussi, avec l’expertise de l’Agence nationale des grands travaux et d’infrastructures, près de 98 000 tables bancs ont été livrés dans 452 établissements. Toutefois, « ces motifs de satisfaction sont cependant atténués par la problématique lancinante de la violence en milieu scolaire : une violence multiforme. Des déviances comportementales qui endeuillent nombreuses familles interpellent chacun d’entre nous dans l’éducation et la formation de nos enfants », a nuancé Michel Menga.

Ensuite, sur la base du bilan de l’année écoulée, le ministre de l’Education nationale a fait savoir l’urgence d’améliorer à compter de cette année quelques aspects de notre système éducatif, « notamment sur le redéploiement des enseignants par bassin pédagogique, la planification des formation en fonction des besoins, l’application effective des quota horaires hebdomadaires par enseignant, la réforme des curricula d’enseignements, la revalorisation des rôles des inspecteurs pédagogiques et la gestion des établissements privés confessionnels et laïcs reconnus d’utilité publique ».

Par ailleurs, esquissant les perspectives pour l’année scolaire 2019-2020, dont l’essentiel concerne les réformes pédagogiques, le ministre Menga a témoigné, en effet, « l’ambition d’améliorer les effectifs et la répartition de la population scolaire », en luttant « contre les inscriptions anarchiques et certains abus en milieux scolaires ». Aussi, en cette année, il est prévu le changement des modalités des transferts des élèves. Ainsi, excepté certains cas sociaux après examen minutieux des dossiers, « les élèves d’établissements privés ne pourront plus être transférés dans les établissements publics qu’à partir du second cycle », a-t-il annoncé. La question du redoublement des élèves n’a pas été oubliée par le ministre, qui entend la résoudre en mettant en place des mécanismes de suivi des élèves en difficulté sur l’ensemble du pays.

Sur le plan des infrastructures, en comptant poursuivre les chantiers, notamment, dans le cadre des mesures présidentielles, Michel Menga prévoit « la réhabilitation des établissements scolaires, la construction et des équipements des salles informatiques, la construction des nouveaux établissements et du programme d’investissement du secteur de l’éducation (PISE), avec l’appui de l’Agence française de développement, par la réhabilitation des salles de classe et le construction de trois nouveaux collèges, cinq écoles primaires et une école pré-primaire ainsi que l’extension de quatre collèges et deux écoles primaires à Libreville » Chantiers qui ne seront livrés, selon le ministre, qu’à la rentrée scolaires 2020-2021.

Enfin, le ministre de l’Education nationale a conclu en invitant l’ensemble de la communauté éducative à se mobiliser davantage pour le mieux être du système éducatif gabonais. Faisant sienne la pensée de l’éminent homme de lettres français, Charles Péguy, qui reconnaissait que les crises de l’éducation étaient des crises de société et de civilisation, le ministre a exprimé le vœu de ne pas céder à la facilité. Il convient par contre d’œuvrer à la protection de l’école face aux « dérives sociétales ». Ecole, Familles, médias, tous doivent s’engager pour permettre une jeunesse intellectuellement, moralement et socialement construite. Du moins, c’est la substance morale que laisse transparaître le discours de Menga.

« L’œuvre doit être collective à travers une synergie d’actions entre l’école, la cellule familiale et les médias, notamment par une programmation plus instructive, vertueuse et humaniste dans les émissions de télé, dans le but de mieux soutenir notre jeunesse, l’aider à se construire intellectuellement, moralement et socialement », a-t-il souhaité.

François Adzui Nguere

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