Analyste économique, spécialiste en contrôle des risques et sécurité financière, le Gabonais Mays Mouissi, par ailleurs auteur de plusieurs études économiques sur les pays francophones d’Afrique, vient de dresser un tableau assez sombre de la situation économique actuelle de son pays. Une note digne d’enseignements pour le gouvernement récemment mis en place.

Révélé au grand public gabonais notamment depuis 2015-2016, Mays Mouissi qui s’est révélé au Gabonais comme un des plus brillants dans son domaine ces dernières années, n’a visiblement pas fini de montrer son intérêt pour la stabilité économique de son pays.

Bien que vivant hors du Gabon, l’analyste économique vient de dresser une « note d’analyse sur la situation économique du Gabon en juin 2019 ».

Articulé en quatre grands points, à savoir: l’impact de la hausse des prix du carburant sur le pouvoir d’acha; l’évolution détaillée des prix du carburant à la pompe au Gabon entre juillet 2015 et juin 2019; la nécessité d’optimiser les dépenses publiques et de réaliser des économies budgétaires; le caractère anti-social du projet de réforme du régime d’attribution des bourses d’étude, Mays Mouissi dresse un tableau peu reluisant de la gestion des finances au Gabon

Fustigeant la hausse des prix du carburant, l’analyste économique révèle que l’essence à elle seule aurait connu une hausse de 30% entre juillet 2015 et juin 2019. Partant donc de 535f/litre à 695fcfas.

Le gasoil lui, serait passé de 470f à 670f/litre. Ce qui fait une hausse de 43% selon l’économiste.

Toujours selon la note de Mays Mouissi, ce sont donc au total, onze augmentations en quatre ans. Ce qui, souligne t-il, aurait fait passer le taux d’inflation du Gabon de 2,7% à 4,8% en 2018. Et même à 6,3% au mois de décembre 2018, alors que la communauté des Etats monétaires de l’Afrique centrale (CEMAC),organisme sous-régional dont le pays a librement adhéré, plafonne ledit taux à 3% par an.

Conséquence immédiate selon l’auteur de la note, les loyers, les transports et les marchandises diverses entre autres, ont drastiquement augmentés. Faisant ainsi passer le Gabon en tête des pays où le carburant est le plus cher en zone CEMAC alors qu’il en est lui-même producteur.

Quand il évoque la nécessité d’optimiser les dépenses publiques dans l’optique de réaliser des économies budgétaires, Mays Mouissi, quoique sans être très précis, croit savoir que ce ne sont pas moins de 20 milliards de francs cfas que son pays dépense en loyers de bâtiments privés pour abriter son administration par an. Or, cette manne, suggère t-il, peut être récupéré après un audit du patrimoine immobilier tant national qu’à l’étranger qu’il suggère au gouvernement.

Comme qui dirait donc, il est indispensable que l’on sache qui loge qui et à qui appartient tel ou tel immeuble. De sorte à ce que cette importante charge de l’État serve à l’investissement et au social.

Il incite un peu plus loin à la poursuite de la réduction du nombre d’agences. Y compris l’agence nationale des grand travaux et infrastructures qu’il soupçonne de budgétivore et très peu pragmatique. Le pays pourrait donc, d’après cette note, respirer de 183 agences à seulement 82.

Enfin, l’analyste économique gabonais croit savoir que la mesure concernant la réforme du régime d’attribution des bourses d’étude cache tout simplement l’incapacité du gouvernement gabonais à pouvoir assumer sa gêne pour n’avoir jamais investit sur la formation en construisant de nouveaux bâtiments et l’acquisition d’outils plus performants pour moderniser le secteur éducatif.

Une note qui pourrait, au besoin, parler au nouveau gouvernement dont la mission semble avoir été le pragmatisme emprunt de patriotisme,si l’on s’en tient aux recommandations du chef de l’État lors de sa dernière allocution à l’occasion des festivités marquant les dix ans du décès de son défunt père et prédécesseur.

Patrick Montalier

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