Les plaintes des commerçants et les dérives financiers débordent à la mairie de Libreville. © I24GABON

Les plaintes des commerçants et des dérives financières ont dépassé les piques historiques depuis son arrivée le 11 mars à la tête de la plus grande municipalité du pays. Le tout premier mandat de Léandre Nzue à l’hôtel de ville se mesure par un foisonnement d’énormes irrégularités et d’obstacles accablant nombre de compatriotes en cette période de rentrée scolaire, et surtout pour les parents d’élèves qui envoient leurs enfants à l’école grâce à l’argent du commerce.

A l’hôtel de ville ça chauffe et des plaintes fusent de partout car, le règne de Léandre Nzue à la mairie centrale de la capitale gabonaise, « se fait déjà remarqué par d’énormes irrégularités qui risqueraient de le conduire devant les tribunaux pour ne pas dire en prison ».

Le débat est récurrent entre employés et ne cesse de faire un tapage assourdissant dans la presse locale et sur les réseaux sociaux. La municipalité de la ville de Libreville, est dirigée par un gang et traverse une zone turbulente qui tend vers un abîme.

« Le patron incompétent démontre son incapacité de diverses façons. En général, il fait preuve d’inconséquence et ne suit aucune ligne directrice, de sorte que le travail va souvent dans tous les sens. À l’égard de ses employés, il ne démontre pas le leadership nécessaire, n’arrivant pas à établir les priorités et à prendre les décisions qui s’imposent—en fait, il n’est même pas question de prendre la bonne décision, car l’erreur est humaine, mais bien d’en prendre une… Qui plus est, il ne sait pas apprécier l’excellence chez un employé et ne lui donne aucun coaching, ne sachant pas comment faire. Particulièrement lorsqu’il s’agit d’un premier emploi, cette notion d’accompagnement prend toute sa mesure, car il est alors important d’être bien entouré et bien dirigé », grogne un agent municipal.

Depuis seulement six mois, une kyrielle d’opérations d’assainissements communaux pratiqués dans les conditions archaïques et non structurées se multiplient. La preuve, lors de son opération «libérez les trottoirs», plusieurs marchandises appartenant à certains commerçants ont été brûlées et nombreux sont ceux qui, n’ont plus jamais pu renouveler l’exercice de leur activité commercial. Madame Bibang, dénonçait« une cavale contre l’autonomisation et la lutte contre le chômage ».

Après avoir gesticulé pour rien en multipliant les attaques contre les commerçants, dont les résultats sont nuls car les trottoirs sont en train d’être de nouveau occupés par des commerces, sur tous les plans (qui pourrait sérieusement citer un domaine où quoi que ce soit a été changé à Libreville sous le règne du maire actuel?), les poubelles sont toujours présentes et les ordures jonchent encore les rues de la capitale comme d’habitude.

Nzue veut dialoguer avec la France? Léandre Nzue de passage à l’ambassade du Gabon en France, a profité de cette occasion pour solliciter l’exploitation du carnet d’adresse de l’ambassadeur afin de rencontrer les autorités municipales françaises. Mais pourquoi faire exactement? (lire notre article).

Les grands médias nationaux ne contribuent vraiment pas encore à clarifier quoi que ce soit. Par conséquent, on ne serait vraiment pas surpris si, en 2020, toutes les couvertures des journaux s’ornaient du visage triomphant de Léandre Nzue.

A la mairie de Libreville, certains employés parlent même de l’hégémonie d’une pensée unique qui n’est pas une pensée, mais un ramassis de mots indigents. « A la mairie centrale, nous sommes dans cette hégémonie », regrette un employé.

Ainsi, la mairie de Libreville se dirige avec précision vers l’anomie : la disparition de tous les repères qui permettent à une municipalité de fonctionner correctement.

Ce qui monte en puissance à l’hôtel de ville de Libreville n’est pas une explosion, mais un processus d’implosion. Une caste règne, minoritaire, arrogante. Une bourgeoisie veut l’ordre, seulement l’ordre, quitte à glisser vers le crépuscule. Une plèbe méprisée, amère, macère dans son désespoir. Et le reste attend son heure.

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