Non content de n’avoir pas été confirmé à son poste d’inspecteur général municipal de l’hôtel de ville de Libreville, poste qu’il occupe depuis l’ancien maire Jean François Ntoutoume Emane, Maixent Ngounga aurait choisi de lancer une campagne de « bashing » contre son successeur, Armand Dagraça et le tout nouveau maire central de Libreville, Léandre Nzué.

Des articles à charge dans la presse

Alors que la nouvelle équipe dirigeante de l’hôtel de ville de Libreville vient tout juste d’être installée et que le nouveau maire amorce la composition de son cabinet, Maixent Ngounga aurait opté pour une méthode peu orthodoxe pour manifester son mécontentement après son éviction. Selon nos sources, il serait à l’origine des articles à charge contre les nouvelles autorités, parus dans deux organes de presse.

Dans sa tentative de déstabilisation, il tenterait de faire passer l’idée selon laquelle, depuis l’arrivée du nouveau maire, une ambiance morose règnerait à la mairie de Libreville. Une situation qui, selon lui, serait du fait de la nomination d’un nouvel inspecteur général municipal « sans que le cabinet du maire Léandre Nzué ne soit constitué ». Interrogés à ce sujet, les agents de la mairie affirment qu’il n’y a « aucune ambiance morose au sein de leur mairie ».

Par ailleurs, alors que l’issue des pseudos « ennuis judiciaire » de son successeur est connue de tous, Maixent Ngounga tenterait de faire passer ce dernier pour un repris de justice à la suite d’un procès pour lequel il avait été acquitté à deux reprises. Les faits :

Litige contre ADDAX Petroleum Gabon, Armand Dagraça acquitté deux fois

Directeur général adjoint d’ADDAX Petroleum Gabon, Armand Dagraça avait décidé en 2009 de démissionner de son poste au motif que son employeur « ne respectait plus les clauses de son contrat ». Un arrangement avait alors été trouvé entre les deux parties. De commun accord, l’ancien numéro 2 de la société pétrolière devait bénéficier d’un départ négocié dont la forme et le fond devaient être proposés par l’employeur. Ladite proposition ne verra jamais le jour. Contre toute attente, le directeur général de l’époque, Gérard Hautavoine, s’était pourfendu d’une lettre de licenciement à l’encontre de son adjoint pourtant nommé comme lui en conseil d’administration, au motif qu’il serait à l’origine de « malversation financière ». Un licenciement au mépris des dispositions légales, qui avait couté à son auteur une condamnation de 3 mois d’emprisonnement avec sursis et une amende de 25 millions de dommages et intérêts à payer à son adjoint. 

Poursuivi à son tour pour « malversation financière », Armand Dagraça sera acquitté en première instance en 2010. Un jugement que qui ne sera pas du goût d’ADDAX Petroleum qui décide de faire appel.

En 2012, la Cour d’appel confirme la décision en première instance. L’ancien Directeur Général Adjoint est de nouveau acquitté. Une fois de plus, mécontente de la deuxième décision de justice, ADDAX Petroleum va opter pour un pourvoi en cassation, alors même que la cour d’appel avait jugé qu’il n’y avait plus d’action publique sur ce dossier.

Un haut magistrat décide de mêler litiges familiaux et justice

En 2016, Rui Dagraça, grand frère ainé d’Armand Dagraça décède dans des conditions suspectes en France où il était parti suivre des soins médicaux. Selon un proche de la famille, durant sa maladie, « le regretté avait toujours accusé son épouse, qui l’avait suivi quelques mois plus tard en France, d’en vouloir à sa vie ». A sa mort, son médecin traitant aurait explicitement indiqué à son cadet Armand Dagraça que son ainé n’est pas décédé de la maladie dont il souffrait. Il lui indiquera par ailleurs au téléphone que le rapport médical en possession de l’épouse du défunt contient l’essentiellement des éléments ayant causés sa mort.

De retour à Libreville, la veuve aurait décidé de faire la rétention dudit rapport médical ce, malgré la pression de la famille du défunt. Ce qui poussera Armand Dagraça à saisir les tribunaux aux fins de rentrer en possession du seul document lui permettant de connaître les véritables causes de la mort de son ainé. Une tentative qui finira par se révéler infructueuse. La veuve aurait été soutenue par une de ses sœurs haut magistrat à la Cour d’appel de Libreville. Bien informé du dossier toujours en cassation d’ADDAX Petroleum, le haut magistrat aurait promis de « régler ses comptes » au plaignant si jamais son dossier se retrouvait sur sa table de travail. 

Quelque mois plus tard, à la faveur d’une circonstance particulière, ce haut magistrat se retrouve à la tête de la Cour d’appel de Libreville et « décide aussitôt de faire déscendre le dossier du litige d’ADDAX Petroleum ». Les dés étant pipés d’avance, Armand Dagraça sera condamné à la suite « d’une parodie de procès ».

Une carrière professionnelle dans les règles de l’art

Souvent décrit par ses collaborateurs comme un homme extrêmement brillant, tempéré, discret et féru du travail bien fait, le nouvel inspecteur général de la mairie de Libreville a passé une grande partie de sa carrière dans le secteur privé et fait partie de cette classe de hauts cadres gabonais qui ont gravis les échelons du bas de l’échelle grâce à leurs seules compétences.

Il a été tour à tour : administrateur délégué, en charge des relations extérieures de la société WEST AFLEX (Portugal), chargé des achats et représentant commercial de la société SUPERGEL /Industrie de produits alimentaires congelés, directeur technique de l’Entreprise de Réfection en Bâtiment(ENREBATI), responsable du département pèche de la société Nouvelle Pêcheries du Gabon.

En 1995, arrivé à ADDAX Petroleum, anciennement dénommée OCELOT, puis PANAFRICAN ENERGIE GABON, il est tour à tour : coordinateur des travaux et agent administratif à Libreville, coordinateur des travaux sur site, responsable des relations avec les administrations étatiques et les communautés villageoise. OCELOT devient PANAFRICAN ENERGIE GABON, il est promu responsable de la logistique à la base de Port-Gentil, après un grave accident d’avion, il est affecté à Libreville comme représentant de la société, en charge des achats pour le démarrage du champ pétrolier de la Remboue dans le département du Komo-Kango, responsable à la fois des ressources humaines et des relations extérieures, puis nommé directeur général adjoint de la société PANAFRICAN ENERGIE GABON par un Conseil d’administration présidé par son président, David Lyons en 2004. Rachetée par ADDAX Petroleum en 2006, il est maintenu à son poste de directeur général adjoint jusqu’au mois de septembre 2009.

En mars 2013, il intègre la Compagnie Nationale de Navigation Intérieur (CNNI) en qualité de directeur des transports spécialisés et de l’exploitation, puis directeur des transports spécialisés, des projets et du développement de 2014 à son arrivée à la mairie de Libreville. 

Patrick Montalier

Laisser un commentaire

Entrez votre commentaire!
Entrez votre nom ici