Voilà un écrivain gabonais qui se pose comme l’une des plumes prometteuses de la littérature gabonaise. Son combat est de faire de la nouvelle, un genre renouvelé et ouvert à une thématique diverse, variée, qui tient compte de la qualité du langage et des structures narratives. Auteur et critique littéraire qui accorde une importance capitale aux valeurs culturelles et intellectuelles, il défend la rigueur, peint parfois l’iconoclaste et use d’un vocabulaire châtié, juste, pour décrire les desseins, les schèmes, les sens, les valeurs et les significations de ces objets particuliers parfois considérés à tort comme de simples vestiges : les masques.

Dans « L’Enfant des masques »de nombreux textes convergent, vers le mystique, le mystère, et propulse le lecteur dans un univers équatorial, où la mangrove et les eaux se mêlent aux esprits pour donner aux récits un caractère fantastique et métaphysique de la vie dans ces univers sombres où des formes vivantes captivent et donne des frissons aux habitués de l’ordinaire.

  Rien ne nous étonne lorsque cet adepte de l’écriture dramatique (Auteur de Peronnelle) s’interroge sur le quoi écrire pour être lu ?

 Nous estimons que donner à lire, le crime, le viol, les insanités (dans le sens d’user d’un vocabulaire ordurier s’éloignant des bonnes convenances morales) n’est pas gage de succès. Les adeptes de la bonne et belle langue, ceux qui sont en quête d’une certaine  «artisticité », voient en Et si les crocodiles pleuraient pour de vrai, un visage de  la vie à Libreville, au fil des eaux et des os, des vies et des morts, du visible et de l’invisible, du morbide et de l’insane…, le tout dans une mayonnaise faite maison qui garde l’originalité de celui qui l’a faite: un auteur à plusieurs visages. 

Ludovic Obiang naît le 21 septembre 1965 à Libreville, dans la province de l’Estuaire. Très tôt, il endosse le cartable et commence à fréquenter l’école Sainte-Marie. Elève dispersé, enfant terrible, il a fallu à sa mère beaucoup de rigueur et de tact pour le canaliser jusqu’à l’obtention du C.E.P aux alentours de 1975-1976. Ensuite Ludovic O. entame son cycle secondaire au collège Immaculée conception de Libreville et sept ans plus tard, il finissait nanti d’un bac A, en dépit de sa formation scientifique.

Enfant de la mission catholique et particulièrement Sainte Marie de Libreville comme aime par ailleurs à le précisé, il accorda une interview au Tam-tam littéraire (2003), il déclara que son prochain recueil de nouvelles aura pour cadre Ste- Marie, univers de son enfance, détenteur de ses joies et peines. « Et si les crocodiles pleuraient pour de vrai ». Un titre provocateur, indexateur, et particulièrement spécifique tant il est suggestif, interpellateur et pousse le lecteur à se poser une question simple : qui sont ces crocodiles ? Des animaux ? Des humains ? Pourquoi pleurent-ils ?  Dans quel état sont-ils ? où vivent-ils ?

Après l’obtention de son baccalaurat, il alla en France et n’y fit que trois mois. N’étant pas encore mature, ayant une crise de personnalité et n’étant pas en harmonie avec lui-même dans un pays tempéré, il entreprit de revenir au pays et s’inscrit à l’Université Omar Bongo. Il obtint quatre années plus tard une maîtrise de linguistique et de littérature orale. Parallèlement à cela, il fit des recherches sur les musiques tambourinées et obtint un DEA de musicologie en 1999.

Après une thèse passée à la Sorbonne, il devint chercheur à l’Institut de Recherche en Sciences Humaines (IRSH) et il est fondateur du Groupe de Recherche sur l’Identité Négro-africaine (GRILNA-OURIKA), en ce moment, il est directeur du musé national et enseignant à l’université Omar bongo, marié et père de quatre enfants.

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