Créée en 2016, la chaîne d’informations en continu Gabon24 nourrissait des ambitions révolutionnaires dans le paysage audiovisuel Gabonais. Trois ans plus tard,tout ne semble pas se passer comme prévu. Sa nouvelle patronne, Laure Bigourd, s’en trouve sur la sellette justement.

Au Gabon, le secteur communication et médias est un des sacs à crabes de la gouvernance actuelle. Un véritable casse-tête chinois.

C’est certainement dans la recherche de solutions paliatives à ce constat fort austère que les autorités ont décidé de lancer cette nouvelle chaîne d’informations qui devait en principe inspirer leur toute nouvelle vision de ce que devrait être le contenu et surtout la pratique du journalisme Gabonais dans cet univers très concurrentiel de nos jours.

Mais à son lancement en 2016 dans la foulée des préparatifs de l’élection présidentielle de cette année, la chaîne annoncée très révolutionnaire ne va pas impressionner. Ni en termes d’audimat, ni en termes de programmes proposés. C’est ce qui va certainement motiver la nomination le 26 février 2019, à l’issue du conseil des ministres de cette année, de la Française Laure Bigourd.

Installée au Gabon depuis environ une quinzaine d’années, cette diplômée de l’école supérieure de journalisme (ESJ) de Lille, Bigourd avait pour principale mission de restructurer systématiquement la chaîne.

Ce qui sous-entendait entre autres, qu’elle devait s’occuper de la refonte de la grille des programmes, de l’érection d’un modèle économique viable et moins dépendant des financements publics.

Très vite, à peine avait-elle prises ses fonctions, que les premiers grincements de dents vont se faire entendre. Cette dernière est accusée de ne manifester que « mépris et très peu d’estime » à l’égard de ses collaborateurs et personnels qu’elle n’hésiterait pas à blâmer sans gêne devant tous.

Chemin faisant tant bien que mal, ce climat de terreur va se gérer ainsi jusqu’au décès jeudi dernier d’une des agents de la maison, en l’occurrence, de Svetlana Glawdys Maganga, présentatrice de 33 ans.

De ce qu’il ressort de ce décès des suites d’une courte maladie, et qui est vivement rapporté par plusieurs confrères, c’est que la direction de Gabon24 son employeur, aurait quasiment confisqué le salaire de cette dernière alors qu’elle en aurait eu grand besoin parce que déjà confrontée aux soins médicaux.

Plusieurs sources proches du dossier croient savoir que son désormais ancien employeur y est pour beaucoup dans la triste fin de son ex agent. Certains allant jusqu’à y voir un cas de non assistance volontaire à personne en danger.

Et comme pour ne pas aider à soigner l’image d’une patronne dont les méthodes de management sont déjà largement décriées, c’est la même semaine dernière que Ismael Obiang Nze, 48 ans, une des figures de référence de la chaîne a annoncé lui aussi sa démission.

Bien qu’il ait évoqué un cas de « convenance personnelle », il aurait tout de même souligné le « non-respect des clauses du contrat du travail » qui le liait à la chaîne.

Dans cette actualité qui défraie la chronique, on doute de plus en plus quant à la capacité de Gabon24 à rester dans l’esprit de son slogan qui est « faire comprendre le monde au Gabon et expliquer le Gabon au monde ».

Patrick Montalier

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