Le chef de l’Etat gabonais n’avait plu donné d’interview depuis ses ennuis de santé en septembre 2018. Visiblement requinqué à l’occasion des 10 ans de son accession à la magistrature suprême, Ali Bongo s’est exprimé sans langue de bois chez nos confrères du quotidien L’Union.

Nous vous livrons in extenso l’intégralité de son interview.

L’Union. Monsieur le Président de la République, vous avez traversé une période très difficile consécutive à des problèmes de santé, ce qui a suscité des inquiétudes. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ? 
 
Je me sens bien. Et de mieux en mieux chaque jour. Je veux remercier très chaleureusement le peuple gabonais pour son soutien et son affection dans l’adversité. Quand vous avez traversé pareille épreuve, vous prenez conscience de beaucoup de choses. Aujourd’hui, je suis plus que jamais déterminé à rendre à mon pays ce qu’il m’a donné, à lui être utile et le conduire vers un avenir meilleur.  
 
Il y a dix ans le peuple gabonais vous confiait la conduite du Gabon et son destin. Quels sentiments vous animent aujourd’hui ? 
 
Un sentiment de fierté, mais surtout d’humilité et de responsabilité. Depuis 2009, j’ai souhaité associer toutes les intelligences et les sensibilités du pays à la réussite de notre projet. Nous avons conduit ensemble des réformes majeures sur le plan économique, social et environnemental. 
Mais je ne me satisfais pas de ce bilan. Je suis conscient à la fois des difficultés qui continuent de peser sur la vie de nos concitoyens et du chemin qui nous reste à parcourir. 

Aujourd’hui, je voudrais que les réformes mises en œuvre passent à un niveau supérieur, et que les Gabonais en ressentent concrètement les effets dans leur vie quotidienne. La croissance, c’est bien. Mais la croissance, ça ne se mange pas !   

 En 10 ans vous avez eu autant de premiers ministres que votre prédécesseur en plus de 40 ans. Certains y voient une forme d’instabilité dans le choix des hommes et des femmes pour vous accompagner.  
 

Dans une équipe, pour trouver la meilleure configuration, il faut parfois faire plusieurs essais. Ce qui compte pour moi, ce sont les résultats concrets de nos politiques publiques. Pas la stabilité gouvernementale. Je le répète, j’ai une seule obsession : les Gabonais doivent ressentir concrètement, dans leur quotidien, les effets des réformes. Les membres du Gouvernement doivent être évalués et jugés à l’aide de la feuille de route et des objectifs qui leurs ont été assignés pour conserver leur place au sein du Gouvernement de la République.  
 
Sur le plan économique, beaucoup de choses ont été faites. Vous avez toujours fait de la diversification de l’économie votre cheval de bataille. En dix ans, les choses ont-elles suffisamment avancé ? 
 
Si nous avons mieux résisté que les autres pays de la sous-région à la crise du secteur pétrolier, c’est bien parce que j’ai engagé ce mouvement de diversification dès 2010.  C’est une action de long terme qui commence à porter ses fruits. En 2010, le secteur des hydrocarbures représentait 29,3 % de notre PIB. En 2019, seulement 21,7 %.  
 
Depuis 2010, le bois est transformé localement avant d’être exporté. Aujourd’hui, on importe même du bois pour le transformer au Gabon et nous sommes devenus le premier producteur de bois contre-plaqué en Afrique et le deuxième au niveau mondial. Le secteur des mines a suivi la même évolution avec la création d’une filière de transformation locale du manganèse.  
 
J ’ai aussi mis l’accent sur l’agriculture, un secteur particulièrement important en raison de ses effets positifs sur l’emploi, la balance commerciale ou sur le développement territorial. Le secteur agricole est aujourd’hui le 1er employeur privé du pays. Il nous faut encore aller plus loin pour assurer notre indépendance alimentaire.  C’est tout l’enjeu de la phase 2 du programme Graine que j’ai lancé ces dernières semaines. 
 
Enfin, le Gabon occupe le 1er rang dans la sous-région en matière de technologie 4G. Notre pays est reconnu comme étant à l’avant- garde du secteur numérique et des télécommunications.  
 
Que faut-il faire, Monsieur le Président, pour booster l’emploi dans notre pays ?  

Le meilleur moyen de retrouver le chemin d’une croissance qui soit profitable à tous, est de contribuer à créer des emplois dans le secteur privé, plus comme hier, dans le secteur public. Ce sont les entreprises qui sont créatrices d’emplois, et non l’Etat.  

Nous devons être capables, à court et à moyen terme, de créer 20 000 emplois par an dans le secteur privé formel afin d’intégrer au marché du travail tous les jeunes qui, chaque année, frappent à sa porte. 
 
Je mets aujourd’hui toute mon énergie pour que le Gabon attire davantage d’investissements étrangers. Nous avons tous les atouts pour cela. Cela implique bien évidemment, un environnement des affaires plus transparent, des règles juridiques plus claires pour les entreprises, une fiscalité plus attractive et des démarches administratives facilitées. Toutes choses que nous avons mises en œuvre au sein de la zone économique spéciale de Nkok et dont les résultats sont probants. 
 
Nous avons également ces dernières années encouragé une meilleure gouvernance, ainsi que l’entrepreneuriat à travers la mise en place d’incubateurs.  
 
Enfin, j’ai demandé que soit complètement réformé, en 2018, le système de formation pour privilégier l’enseignement technique et professionnel. Ce sont là des réponses claires à la problématique du chômage. 
   
L’opération Mamba semble s’être essoufflée. Où en est aujourd’hui la lutte contre la corruption au Gabon ? 
 
Jamais autant qu’aujourd’hui l’accent a été mis sur la lutte contre la corruption au Gabon.  Je suis farouchement déterminé à ce que ce combat continue. Le Gabon ne saurait être à la traîne des exigences internationales. C’est une question d’éthique, de morale, mais aussi d’efficacité.  
 
L’opération Mamba reste plus que jamais d’actualité. Mais reconnaissons que conduire des enquêtes rigoureuses dans le strict respect des règles de procédure demande du temps et de l’objectivité. Et le temps de la justice n’est pas le temps médiatique, ni même le temps politique.  
Compte tenu de la gravité des faits reprochés aux personnes incriminées, il faut être extrêmement précautionneux. Mais notre appareil de lutte anti-corruption ne se résume pas à l’opération Mamba. Un ministre dédié à la lutte contre la corruption a été nommé en juin dernier. Et il y a quelques mois, j’ai promulgué un nouveau code pénal qui renforce les sanctions en matière de corruption. Ses dispositions sont parmi les plus sévères en Afrique. Toutes choses qui font du Gabon, un pays qui a décidé de prendre ses responsabilités sur cette question.  
  
Concernant les infrastructures, on constate que l’élan pris au début de votre magistère s’est un peu ralenti. Et on déplore l’état de nos routes aussi bien au niveau des voiries urbaines que dans les grands axes reliant les localités du pays. Pourquoi ce relâchement et comment reprendre la dynamique initiale?  
 
75 % du réseau routier construit au Gabon depuis 40 ans l’a été ces dix dernières années. La plupart des voies qui traversent les quartiers de Libreville, d’Akanda et d’Owendo sont en chantier.  

Et nous avons achevé la construction de la route PK5-PK12 qui a totalement désenclavé les PK. Aujourd’hui en moins 15 minutes, il est désormais possible d’aller du PK5 au PK12. C’est un grand soulagement pour les usagers.  

Cependant, loin de moi l’idée de m’en satisfaire. Nous devons permettre à nos compatriotes de parcourir le Gabon en toute saison, permettre la circulation des personnes et des marchandises en tout point du territoire, désenclaver les localités de l’intérieur du pays. C’est l’ambition de la Transgabonaise, une infrastructure routière hors-norme de 780 km qui ira de Libreville à Franceville, en traversant cinq des neuf provinces du pays.  

Le financement est prêt. J ’ai exigé que le démarrage des travaux intervienne au plus vite pour que les Gabonaises et les Gabonais puissent en saisir les opportunités dans les prochaines années. 
  
Le Fond d’Initiative Départementale (FID) mis en place pour permettre le développement de l’intérieur du pays semble bloqué, car depuis son annonce, rien n’a concrètement bougé. Comment expliquer ce retard ? 
 
En effet, aucun financement n’a à ce jour été octroyé en ce qui concerne le Fonds d’Initiative Départementale (FID). Le processus de validation des projets est long et minutieux. Les équipes en charge de ce dossier travaillent avec professionnalisme sur ce chantier prioritaire pour la vitalité de nos départements. Un nouveau ministre vient d’être nommé, et il est notamment chargé d’en accélérer la cadence.  
 
Au niveau du ministère de la fonction publique plusieurs recensements ont été effectués. En quoi celui initié par le ministre actuel est-il différent ?  
 
C’est la toute première fois que dans notre pays, un recensement est entrepris avec la technologie biométrique. Celui-ci est beaucoup plus fiable que les précédents. Ce recensement permettra de moderniser nos systèmes de gestion des ressources humaines, avec une base de données sûre et un système d’information et de gestion plus efficace. Il est donc dans l’intérêt des agents publics et des usagers.

Des économies seront ainsi réalisées. Elles permettront d’investir dans des domaines qui auront un impact direct sur le quotidien des Gabonaises et des Gabonais. Optimiser les dépenses publiques de fonctionnement et réduire le train de vie de l’État nous autorisent à investir davantage dans les infrastructures utiles et dans le social, comme la santé, l’assurance-maladie.  
    
Le logement figure également au rang de vos priorités. Au terme de votre premier mandat, vous avez reconnu qu’on était très loin du compte. Les erreurs commises ont-elles depuis été corrigées ? Avez-vous trouvé des mécanismes plus efficaces pour faire face au déficit criant de logements sociaux dans notre pays ? 
 
Notre ambition reste la même : loger les Gabonais, notamment les plus vulnérables, dans des conditions décentes. Je ne reviendrai pas ici sur les erreurs et errements du passé.  

En revanche, j’en ai tiré toutes les conséquences pour l’avenir, sur le plan politique comme administratif. Par exemple, la Société Nationale Immobilière (SNI), qui commercialisait les logements sociaux, a été jumelée avec la Société Nationale de Logements Sociaux (SNLS). Ce qui est plus efficace. 

Aujourd’hui, la SNI a relancé plusieurs chantiers et a entrepris de passer à la commercialisation des logements en l’état. Certains de nos compatriotes souhaitaient eux-mêmes construire alors que d’autres veulent simplement acquérir une parcelle de terre avec titre foncier.  

Le ministère de l’Habitat chargé de ces questions, a toute ma confiance, d’autant qu’il est désormais fortement appuyé par la Caisse des Dépôts et Consignation qui a fait du financement de la construction des logements l’une de ses priorités.  
  
Sur le plan social, de nombreux efforts ont été réalisés, notamment dans le domaine de la santé avec la construction de structures hospitalières modernes, ou de la protection sociale avec la mise en place de l’assurance maladie. Cependant, il y a parfois un manque de médicaments et un sous-effectif de personnels spécialisés. Comment y remédier ? 

La santé a toujours été pour moi une préoccupation et vous avez raison de souligner, que le Gouvernement y a consacré de nombreux moyens.  

Concernant les nécessaires ajustements que vous mentionnez, j ’ai instruit les services compétents en la matière, de me faire un point de situation sur l’expression des besoins en personnels et en équipements pour une prise en compte efficiente de ce dossier.  

Mon ambition est forte : je veux que les Gabonais disposent d’un système de santé moderne et performant.

D’après vous, quelles réformes ont eu le plus d’impact sur la vie quotidienne de vos compatriotes ?  

Toutes les réformes sont utiles. Le fait de rééquilibrer nos finances publiques, réduire la dette et le déficit, le train de vie de l’Etat nous permet de dégager des marges de manœuvre pour réinvestir dans le social, la santé, l’éducation, et toutes autres questions jugées prioritaires.  
 
Les réformes ont pour vocation de changer voir de transformer la vie de nos compatriotes en améliorant leur quotidien.  C’est pourquoi j’ai été si déterminé dans le déploiement de la couverture d’assurance-santé, via la CNAMGS, qui fait désormais partie de nos acquis sociaux. La gratuité des frais d’accouchement constitue également une avancée majeure pour nos compatriotes. 
 
De la même manière d ans le domaine de l’éducation, la réforme sur l’orientation de nos jeunes vers des formations techniques et professionnelles aura un impact déterminant sur l’avenir de nos enfants. 
  
Enfin, je veux évoquer la place des femmes dans notre société, et donc le sujet de l’égalité hommes-femmes. Vous le savez, j’en ai fait d’emblée, ma priorité en décrétant les années 2010 « décennie de la femme ». Les instances politiques ont été féminisées, que ce soit au niveau du gouvernement, à l’Assemblée Nationale et au Sénat, mais aussi au niveau de la haute fonction publique.  Promouvoir l’égalité hommes-femmes, c’est une question de justice sociale, mais c’est aussi une question d’efficacité collective. Plus le vivier de talents est large, meilleure sera notre Nation.  

Monsieur le Président de la République, vous avez été coordonnateur du Comité des chefs d’État africains sur le changement climatique (CAHOSCC). Au terme de votre mandat à la tête de cette institution, quels avantages avez-vous pu obtenir pour l’Afrique, et pour le Gabon en particulier ?  
 
Feu le Président Omar Bongo Ondimba disait à juste titre : « nous avons un seul pays ». J’ajouterais, de la même manière, que « nous n’avons qu’une seule planète ». Il n’y en a pas d’autre de rechange.  

En matière d’environnement, j’ai toujours mis un accent sur la nécessaire préservation de notre patrimoine naturel doté d’une très grande richesse. Je me suis engagé tant sur notre continent, que sur la scène internationale pour faire un plaidoyer sur la lutte contre le réchauffement climatique et la perte de notre biodiversité. Aujourd’hui, cette cause semble être entendue par les dirigeants de la planète.  

 Le Gabon est aujourd’hui en première ligne. Notre forêt tropicale est, avec l’Amazonie, l’un des deux derniers poumons verts de la planète. Elle accueille la biodiversité la plus riche d’Afrique. C’est le fruit de choix très clairs et assumés : au moment où beaucoup détruisent par l’exploitation leurs écosystèmes naturels, le Gabon a fait le choix de sanctuariser via notamment nos 13 parcs nationaux. J’ai, par ailleurs, toujours exigé pour notre pays les normes environnementales les plus élevées en matière d’exploitation forestière et d’agriculture.   

Aujourd’hui, le Gabon est considéré comme un modèle en Afrique sur ces questions et nos initiatives sont suivies de près, en Afrique comme dans le reste du monde.  
Récemment, la Norvège, pays reconnu pour sa gestion durable des ressources forestières, a décidé de soutenir nos efforts en nous octroyant 90 milliards de Francs CFA pour protéger nos forêts sur dix ans. C’est une reconnaissance formidable de nos efforts, et je sais que notre ministre de l’Environnement connu pour son engagement sincère et son exigence, mettra toute son énergie pour cette cause chère à mon cœur. 
   
Il y a deux ans, les vacances agricoles ont été lancées pour intéresser les jeunes beaucoup plus tôt aux métiers de la terre. Selon vous, la formation de plus de jeunes dans ce secteur est-elle la solution ? 
 
Il s’agit en l’espèce d’une solution parmi d’autres. La bataille de l’emploi et du développement territorial sera gagnée avec la prise en compte de la question agricole. Quel que soit le domaine, la formation est toujours nécessaire. Le programme de vacances agricoles dont l’objectif est d’initier le plus tôt possible les jeunes à l’agriculture ne peut que conforter notre politique de retour à la terre, portée sur le plan national par le projet GRAINE.  

Je suis convaincu que plus il y aura de jeunes formés aux métiers de la terre, plus nous développerons une culture agricole, et plus nous aurons de belles réussites dans ce domaine. Des réussites exemplaires qui donneront assurément l’envie aux jeunes gabonaises et gabonais de s’engager dans cette voie.  
   
Lors de votre discours à la Nation du 16 août dernier, vous avez dit que « former les jeunes dans des métiers qui ne sont pas porteurs est criminel ». Vous prônez donc la formation professionnelle pour ces jeunes. Cependant, notre pays fait face à un manque de structure d’accueil et de formateurs qualifiés. Qu’avez – vous prévu de mettre en place pour répondre à ces besoins ? 
 
Je réitère mes propos : envoyer nos jeunes dans des filières générales qui n’offrent pas suffisamment de débouchés et d’alternatives sur le marché du travail est criminel. C’est pour cette raison que j’ai voulu en 2018 réformer le système de formation. Nous agissons en ce sens. Un exemple : un établissement de formation professionnelle est actuellement en construction dans la zone économique de Nkok. Des milliers de jeunes Gabonais, qualifiés dans les métiers techniques et professionnels, y seront formés. La fin des travaux est prévue pour 2020. Des formations post-bac de 6, 12 ou 18 mois seront dès lors dispensées. Les entreprises qui souhaiteront renforcer les capacités de leurs employés y trouveront également leur compte. 

 Le Gabon a une diplomatie très active. En dix ans, quel en a été le bilan ?  
 
D’abord, nos liens avec les pays de la sous-région ont été renforcés. Le Gabon entretient des relations d’amitié et de coopération avec ses voisins et amis, par un dialogue permanent et des concertations qui reposent sur une franchise réciproque. En ma qualité de Président de la CEEAC, j’ai impulsé une réforme de notre organisation pour en améliorer le fonctionnement. Sur le plan économique, j’ai également contribué au renforcement de l’intégration économique et monétaire au niveau régional au cours de mon mandat de Président de la CEMAC.  
 
Enfin sur le plan de la sécurité et de la stabilité de la région, je me félicite que nous ayons su contribuer avec les Forces Gabonaises à la Mission Multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) à Bangui, à apporter une plus-value à l’ensemble du dispositif sécuritaire existant en République Centrafricaine. 
 
Sur le plan économique, je n’ai ménagé aucun effort pour donner au Gabon la place qu’il mérite au sein du concert des nations. Je me suis ainsi rendus aux sommets Inde-Afrique en octobre 2015, Chine-Afrique en septembre 2018 et à  la Conférence Internationale de Tokyo sur le Développement de l’Afrique (TICAD VII) en août 2019. Le Gabon sera également présent au premier Sommet Russie-Afrique prévu le 24 octobre prochain à Sotchi en Russie.  

Enfin, je ne saurai oublier les efforts menés en matière de diplomatie environnementale où la voix du Gabon, comme je le disais, est attendue et entendue. En tant que Président du CAHOSCC, j’ai en particulier impulsé un plan de mobilisation de fonds d’urgence continental pour anticiper les besoins de financement liés à l’adaptation de nos pays au changement climatique. Ce plan a été discuté, lors d’une grande tournée internationale menée par le ministre des Affaires Etrangères, avec plus d’une dizaine de pays partenaires. 
 
Indiscutablement, le Gabon est aujourd’hui un acteur reconnu, crédible et influent tant au niveau sous régional que continental et international. Nous le devons en large partie à notre stabilité politique et à la cohérence et la constance des idées que nous défendons depuis longtemps auprès de nos partenaires. 

S’il y avait un conseil que vous aimeriez donner au jeune Président Ali Bongo Ondimba du 16 Octobre 2009, quel serait-il ?  
 
A cette question, Steeve Jobs, le fondateur d’Apple, répondait par cette formule qui m’a beaucoup marquée : « Stay hungry, stay foolish » …  Je dirais au jeune Ali Bongo d’être optimiste, d’être toujours audacieux, de ne jamais se résigner, de ne pas hésiter parfois à remettre en cause les codes d’une ancienne manière de faire de la politique. Mais c’est toujours aisé à dire a posteriori… Les changements de mentalité et de cultures sont parfois les plus longs à accomplir. 
 
A 4 ans de la fin de votre second mandat, comment rassurer les Gabonais sur la réalisation des promesses faites ?  
 
Les Gabonais jugeront sur pièce. En dix ans, le Gabon s’est profondément modernisé. Durant les quatre prochaines années, le rythme des réformes sera accéléré. Ce qui compte, et tous les membres du gouvernement l’ont compris, ce ne sont pas les paroles et les effets d’annonce, ce sont les actions et les résultats. Des erreurs ont été commises par le passé. Elles ne sauraient être renouvelées à l’avenir. 

Nous avons changé d’époque.  
La méthode n’est plus la même.  
L’ambition aussi a changé.  
Et c’est sans doute un effet de l’expérience, mais aussi la conséquence de l’épreuve que j’ai surmontée. Avec le temps, mon niveau d’exigence à l’égard des membres du Gouvernement a augmenté alors que mon degré de patience, lui, a diminué. 
 
Quelle est votre ambition pour l’avenir ? 

Que mes compatriotes vivent beaucoup mieux demain qu’aujourd’hui, et encore mieux après-demain. Dans dix ans, le Gabon doit être dans les cinq pays moteurs en Afrique.  Pour y parvenir, nous devons atteindre l’objectif de plein emploi, donner la priorité à la formation, développer notre agriculture, davantage produire ce que nous consommons localement au lieu de l’importer, tirer davantage partie des richesses de notre sous-sol pour asseoir notre développement, consolider notre système de santé et de protection sociale et tirer pleinement profit de l’économie verte. Le respect de l’environnement ne doit pas être perçu comme une contrainte mais une opportunité pour innover.  
 
Monsieur le Président de la République, nous sommes arrivés au terme de cet entretien, quel message de fin souhaiteriez-vous adresser ? 
 
Ma détermination à poursuivre l’œuvre que j’ai entreprise au service des Gabonaises et des Gabonais est totale. J’ai une grande ambition pour mon pays, une grande confiance dans le potentiel de notre peuple. C’est ensemble que nous y parviendrons, pas les uns contre les autres, mais les uns avec les autres. J’irai jusqu’au bout de ma mission pour répondre à l’appel de nos compatriotes, en particulier les nécessiteux. Nous avons le devoir de léguer aux générations futures, un pays prospère et uni. Rien ne saurait être bâti sur la division. La cohésion est en revanche, source de miracles.  

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