Créée au sortir de la crise post-électorale au terme de la proclamation des résultats de la dernière présidentielle de 2016, la coalition pour la nouvelle République (CNR) avait pour but principal de porter Jean Ping qui s’estimait lésé, au pouvoir. Trois ans plus tard, état des lieux.

La sortie de Jean Ping, annoncée tambours battants, remet au goût du jour, certaines actualités. Le président de la République virtuelle des résistants sur Facebook, avec comme palais présidentiel son domicile privé des charbonnages, a vraisemblablement encore manqué une énième occasion de se taire. 

En effet, à l’issue de leur déculottée en septembre 2016, un conglomérat d’anciennes personnalités sous Omar Bongo, pour l’essentiel de la même génération et amis d’enfance et d’école à l’octogénaire Sino-Gabonais, lui était resté solidaire. 

Promettant aux Gabonais, la main sur le cœur, de leur offrir une nouvelle République sous quatre matins, ils commencèrent à tenir réunions après réunions au bord de la piscine de celui qu’ils appellent « Président élu ».

Mais voilà que semaine après semaine ; mois après mois ; année après année, trois ans plus tard aujourd’hui, l’objectif promis aux Gabonaises et aux Gabonais n’est pas atteint. 

Et comme la nature a horreur du vide, ce groupuscule de « sclérosés », complètement dépassé par l’offre politique du moment, semble s’être résolu, sous une pression certaine du peuple, à rompre le silence dans lequel il s’est muré depuis un temps. 

Et donc, à l’hôtel triomphal où ils se sont agglutinés le samedi 12 octobre, rien de bon n’en est sorti. Certains de leurs inconditionnels qui s’y sont rendus avec enthousiasme en sont repartis abattus. Pour cause, le discours de leur « champion » était jugé si mou contrairement à leurs attentes, qu’il a éclaboussé toute sa coalition. Du coup, cette énième sortie au cours de laquelle Jean Ping est venu servir une litanie de rêves qui trompent de moins en moins le peuple Gabonais, aurait plutôt très bien illustré, selon certains analystes, l’état d’esprit qui est celui de ce groupuscule de grands-pères. C’est à dire, des octogénaires incapables de passer le flambeau aux plus jeunes, mais toujours prompts à berner une bonne partie de la population alors qu’ils roulent eux-mêmes en bolides rutilants neufs chaque année. Ironie du sort !

Véritable aveu d’impuissance, pensent ces mêmes observateurs, la déclaration dite importante de Jean Ping samedi doit avoir le mérite d’éclairer ceux qui le suivaient encore aveuglement. « Qu’ils se rendent à l’évidence que l’homme n’a clairement plus rien à leur proposer. Le terrain politique Gabonais est désormais à la jeunesse. Et le pouvoir l’a si bien intégré », lance un acteur politique proche de la majorité présidentielle, interrogé sur le sujet.

Avant d’asséner sèchement : « Finie la politique des gourous tapis à longueur de journées, faux dossiers en mains aux charbonnages comme s’ils traitaient les affaires du pays, alors qu’ils s’ennuient depuis qu’ils sont hors de la plaque ». 

Il en voudra d’ailleurs comme signe plutôt révélateur de cette conviction personnelle : « Les réseaux sociaux qui sont leur vraie nouvelle République sont en deuil depuis hier.  Pas grand monde n’évoque les termes forts d’un discours que n’importe quel observateur peut réciter sans le lire depuis trois ans. »

Si la réaction de cet acteur proche du pouvoir peut paraître exagérée vue d’un proche de l’opposition, il est toutefois à craindre que les prochains appels à la mobilisation de Jean Ping et les siens ne fassent plus échos. L’heure étant à une prise en compte généralisée du jeune Gabonais qui aspire plus à participer désormais activement à l’effort de reconstruction nationale par des actes, plutôt que de continuer à rêver avec une caste d’individus qui, elle-même, est à « l’abri du besoin et de la peur » qu’elle promet.

Patrick Montalier

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