Faits divers

Kidnapping d’une octogénaire à Bitam, à quoi joue le capitaine Delianza, l’officier de police judiciaire chargé de l’enquête?


Marie Claudine Ntsame Nkizogho, âgée de plus 80 ans, a été enlevée à sa résidence située derrière l’aéroport de Bitam, au quartier dit Agnizoc, dans la nuit du samedi 10 octobre dernier. Alors que les ravisseurs sont clairement identifiés depuis plusieurs jours, le capitaine Delianza, chargé de l’enquête, semble avoir d’autres motivations que celles de retrouver l’octogénaire.

L’octogénaire malvoyante, malentendante et qui peine à se mouvoir vivait dans une résidence clôturée avec sa gouvernante, Bernadette Baya Megno, l’époux pasteur de cette dernière et sa nièce, son fils et un gardien de nationalité Burkinabé. C’est cette gouvernante qui va constater la disparition de la vieille femme le dimanche matin et va immédiatement déposer une plainte auprès de l’antenne de police judiciaire de la ville, accompagnée de son époux et du gardien de la résidence.

Saisi de l’affaire, le chef de l’antenne de police judiciaire de Bitam va envoyer quelques agents sur les lieux et informera immédiatement le procureur près le tribunal de première instance d’Oyem. Sur les lieux, les enquêteurs vont constater qu’il n’y a pas eu d’effraction et surtout que l’échelle qui a été posée au niveau de la barrière était une diversion dans le seul but de laisser croire que les ravisseurs ne sont pas passés par le portail de la résidence. En effet, il y a eu une forte précipitation la nuit du rapt et la zone est très boueuse. Rien ne saurait donc expliquer qu’il n’y ait aucune trace de bout sur l’échelle, et même sur la barrière haute de près de 3 mètres. Ce qui, tout de suite, a démontré qu’il y a bien une complicité parmi les résidents.

Très vite, les ravisseurs vont rentrer en contact avec la vendeuse de la boutique de la fille de l’octogénaire. Puis, ils vont faire de même avec le fils de la gouvernante. Aux deux interlocuteurs, ils vont exiger une rançon de 20 millions de FCFA contre la libération de Marie Claudine. Les enquêteurs vont se rendre compte que ces derniers ont un accent camerounais.

Qui peut bien s’en prendre à une vieille dame presque délirante? Marie Claudine Ntsame Nkizogho est mère de deux enfants dont une fille installée en France depuis plusieurs années avec ses enfants et un fils, Marcelin Mintsa Mi Nzue, ancien cadre de la société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG), décédé par accident de circulation il y a près de 4 ans. Dès le décès du fils, son épouse avait aussitôt entamé une procédure pour récupérer la maison dans laquelle vit sa belle-mère. Elle n’obtiendra pas gain de cause au tribunal de première instance de la ville voisine d’Oyem où il a été démontré que la résidence est la propriété de sa belle-sœur et non de son époux. Ce qui avait engendré des disputes fratricides entre Marie Claudine Ntsame Nkizogho et sa fille d’un côté et la veuve de l’autre côté.

Alors que les ravisseurs ont clairement affirmé avoir été envoyés par quelqu’un dont l’identité n’a pas été révélée, le voisinage et les proches de la famille n’ont pas hésité à tourner leurs soupçons vers la veuve qui, disent-ils, serait bien capable de payer des individus pour poser ce genre d’actes. Le même voisinage affirmerait qu’elle aurait déjà, à plusieurs reprises, multiplié des occasions de « tuer » sa belle-mère, notamment en envoyant des individus pour passer à l’acte. Ce qui laisse penser que la rançon exigée est une forme de diversion.

Depuis quelques jours, le présumé cerveau du rapt est formellement identifié. Il s’agit de Charles Ngoua Meba, un sujet camerounais âgé de 33 ans, fils de Michel Ngoua et de Justine Ntsame. Son portrait est visible sur des avis de recherche collés dans tous recoins de la ville. Le reste des suspects est en garde à vue dans les locaux de l’antenne de police judiciaire de la localité.

Avis de recherche du présumé cerveau du rapt, Charles Ngoua Meba, collé dans les rues de Bitam

Le plus curieux dans cette tragédie est l’attitude inexpliquée du capitaine Delianza, qui, au lieu de mobiliser ses troupes afin de retrouver le plus rapidement la vieille dame, préférerait le confort de son bureau où il ne souhaite que faire venir la fille de la victime depuis Paris afin de l’entendre. Mieux, des conversations tenues dans son bureau, en présence du procureur se retrouveraient entre les mains de l’activiste Jonas Moulenda. Par ailleurs, il se susurre à Bitam qu’il aurait, depuis peu, tissé des liens avec la veuve, qui, elle, a la réputation d’avoir un penchant pour la corruption et l’achat des consciences. Ce qui pourrait expliquer son empressement à mettre la pression sur le seul enfant en vie de la victime qu’il souhaite à tout prix faire venir au Gabon.


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