Dans un communiqué lu par le Secrétaire Général de la Présidence de la République, Jean Yves Teale, ce mardi 21 mai 2019, le Chef de l’Etat Gabonais a mis fin aux fonctions de Pierre-Claver Maganga Moussavou, Vice-président de la République et de Guy-Bertrand Mapangou, ministre des Forêts et de l’Environnement, après que plusieurs hauts cadres de l’administration des Forêts et de l’Economie ont été suspendus suite à la disparition de 353 conteneurs de Kevazingo mis sous scellés. Ce qui suscite la curiosité de l’opinion publique gabonaise qui s’interroge sur l’impunité dont jouit Justin Ndoudangoye, actuel ministre des Transports et Landry Régis Laccruche, Directeur Général de l’Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG) qui, tous deux ne pourraient être tenus à l’écart de ce scandale.

Selon certaines sources, les ficelles du Kevazingogate seraient tirées par un haut cadre de la Présidence de la République Gabonaise. Cette même source précise que ce haut cadre nourrirait depuis peu la volonté de faire main basse sur la très juteuse filière bois du Gabon en y positionnant ses hommes de confiance, à l’instar du pétrole et des mines qu’il contrôle déjà. Ce qui pourrait expliquer les sorties intempestives du porte parole de la Présidence de la République, Ike Ngouoni et sa volonté, à peine voilée, de blanchir le Ministre des Transports et le Directeur Général l’OPRAG, tous deux membres de l’Association des Jeunes Emergents Volontaires (AJEV) dont le très controversé et impopulaire Directeur de Cabinet du Président de la République, Brice Laccruche Alihanga est président fondateur.

Le communiqué lu par Nanette Longa-Makinda, porte parole du gouvernement, le 16 mai 2019, obéissait lui aussi à la même logique. Nulle n’ignore qu’il a été inspiré et dicté par le palais du bord de mer. Quelle est donc cette main noire qui tient tant à contrôler la filière bois du Gabon et à protéger Justin Ndoudangoye et Landry Régis Laccruche ?

Les enquêtes menées à ce jour ont permis de localiser 200 conteneurs au Port d’Owendo et 18 autres en Chine. Quid des 135 conteneurs manquants ? Sans doute qu’ils ont déjà traversé les côtes gabonaises avec un possible concourt de l’OPRAG et sa tutelle.

Le 26 février 2019, le conseil des ministres avait décidé de la suppression du Conseil Gabonais des Chargeurs (CGC) et du transfert de son patrimoine, missions et attributions à l’OPRAG. Les services de Landry Régis Laccruche ont donc délivré et visé le Bordereau d’Identification Electronique de Traçabilité des Cargaisons (BEITC) qui est « obligatoire pour toutes les cargaisons au départ et à destination du Gabon » et qui a servi à l’exportation des 18 conteneurs localisés en Chine, voire des 135 autres encore introuvables.

L’administration des Transports, autorité de tutelle des Ports du Gabon, n’est donc pas en reste de ce vaste scandale. L’excuse la plus hilarante serait que le ministre des Transports et le Directeur Général de l’OPRAG se dédouanent en prétextant que leurs services n’avaient pas connaissance du contenu des conteneurs. Ce qui est totalement faux. « Le prix du BIETC est défini en fonction de la valeur de la cargaison », confie un ancien agent du CGC.

Nombreux sont les Gabonais qui attendent un traitement juste et équitable pour tous les auteurs et commanditaires présumés de ce vol. Landry Régis Laccruche ne peut continuer à exercer en toute impunité alors que le reste des supposés protagonistes est frappé de suspension. Quant à Justin Ndoudangoye, ministre des Transports et Jean-Marie Ogandaga, ministre de l’Economie, Ali Bongo va-t-il se résoudre à les démettre de leurs fonctions au même titre que Guy-Bertrand Mapangou ?

Patrick Montalier

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