Décidément, l’affaire dite « kévazingogate », du nom de cette essence de bois très rare de la flore gabonaise qui alimente l’actualité nationale depuis près d’un mois, n’a pas fini de livrer ses secrets. Dans un enregistrement audio parvenu à notre rédaction ce matin, on peut, pour ceux qui ont eu l’occasion de rencontrer François Wu, reconnaître la voix de cet exploitant forestier Chinois mis en cause dans cette nébuleuse affaire, indexé directement Olivier Nzaou, procureur de la République, autant qu’il dénonce un grossier tissu de mensonges à ce sujet.

Au fil du temps,  le « Kévazingogate » continue d’égrener son chapelet de versions et de rebondissements faits à la fois, de mensonges, de reniements, d’accusations mutuelles et de sanctions comme ce fut le cas mardi dernier avec l’éviction du Vice-président de la République, Pierre-Claver Maganga Moussavou, et du Ministre des eaux et forêts,Guy-Bertrand Mapangou.

Si certains commençaient à  se demander s’il avait suffit que ces deux personnalités soient virées du sommet de l’État pour que l’opinion parla de justice faite sur cette nébuleuse affaire, un nouvel élément digne de foi vient de s’ajouter au dossier.

Cependant, tous ces rebondissements qui devaient en réalité faciliter le travail d’enquête du procureur de la République, le très tonique Olivier Nzaou , semblent plutôt  impliquer ce dernier dont, en se référant à l’enregistrement audio qui semble avoir été largement relayé sur les réseaux sociaux ce matin, dénotent du moins beaucoup d’incohérences et de maladresses de la part du justicier en chef.

Dans ce support médiatique d’une durée d’environ 4-5 minutes, on entend clairement l’homme d’affaire Chinois François Wu qui, vraisemblablement répond à un interlocuteur qui lui est assez proche, parler sans pression et avec assurance. En parfait connaisseur du domaine de l’exploitation du bois au Gabon.

Ainsi donc, Wu disculpe Pierre-Claver Maganga Moussavou, l’ancien Vice-président de la République en soulignant que ce dernier « n’a jamais signé un accord à la place du grand patron. Il n’a fait que demander que le dossier lui soit transféré. Ce qui a été refusé ».

Tout de suite après, on entend le même Monsieur Wu parler de « honte de la justice ».

Citant nommément le procureur Nzahou, le puissant magnat du bois révèle que celui-ci aurait lui-même personnellement  « remis la clé  avec un PV de restitution des trousseaux de clés en disant que là, vous pouvez travailler. Mais sans toucher les trente conteneurs de Kéva, malgré votre ancienne autorisation. Comme toutes les autres entreprises Chinoises et Françaises ».

Poursuivant son lot de révélations, M. Wu s’étonnera par la suite que l’on parle de disparition de 352 conteneurs de kévazingo. « Les conteneurs n’ont jamais disparus. Parce que c’est avec l’accord du procureur que certains Okoumé et Tali ont été bougés ou déplacés ».

Affirmant sans hésitation aucune, que tout est faux dans cette affaire, aussi bien la quantité que le type de bois (l’essence), François Wu met quasiment au défi le procureur de la République à l’endroit de qui, il dit: « la quantité est totalement fausse. Ils n’ont pas fait de PV. Sur quelle base parlent-ils de la quantité ainsi que de l’essence? » S’étonne t-il.

Par contre, Wu pense que s’ il est vrai que 129 conteneurs se trouvent à l’OCT, ce bois appartiendrait certainement à la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG). Affirmant qu’il n’est qu’un bouc émissaire choisi pour que l’affaire fasse scandale, il finit par soupçonner que le kévazingogate  est sans nul doute qu’un grossier montage qui serait parti d’un amalgame malhabilement monté à partir de stock appartenant à un autre exploitant Chinois du nom de Chaï qui détiendrait quatre conteneurs de Kéva à Ntoum, et des anciens stocks de la SNBG.

La réaction du procureur de la république est vivement attendue après ce nouveau rebondissement pour que la vérité et rien que la vérité triomphe.

Praxède Louembet

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