Les prochains jours pourraient être très agités au Gabon à la suite du meeting tenu par l’opposant Jean Ping à son QG du quartier charbonnages, dans le premier arrondissement de Libreville, ce samedi 15 décembre 2018. Résolument décidé à récupérer « sa victoire » de l’élection présidentielle d’août 2016, c’est sur un ton ferme et déterminé que l’opposant numéro un à Ali Bongo s’est adressé à ses partisans.

Ils étaient près de 10 mille, selon la Coalition pour la Nouvelle République (CNR), à prendre d’assaut le QG de campagne de Jean Ping. Après un vain appel à la « reconstruction du pays »  lancé il y’a deux mois à l’endroit de l’ensemble des Gabonais, tous bords politiques confondus, Jean Ping dit avoir épuisé tous les arguments et invite ses partisans à prendre leurs responsabilités: « je ne vous retiens plus, la voie est libre », à t-il lancé. Un appel à la défiance et à la « confrontation » qui ne sera pas sans conséquences tant l’opposant bénéficie toujours du soutien d’une bonne partie de Gabonais. Pour Jean Ping, dès ce samedi, « ça passe et ça casse ».

Déjà, dès la fin du meeting, des milliers de jeunes ont investi les rues en organisant une marche inopinée. Ce qui a conduit aux premiers affrontements entre forces de l’ordre et manifestants au quartier dit « Lac bleu », non loin du QG et de la résidence privée de celui qui continue de se faire appeler « Président élu » par ses partisans. Selon notre reporter sur place, des bombes lacrymogènes ont été lancé en direction des milliers de manifestants pour tenter de les disperser. Au moment où nous mettons sous presse, les affrontements continuent dans le premier arrondissement de Libreville. Quelques blessés et arrestations sont déjà à déplorer du côté des militants et sympathisants de la CNR. Christ Reynani, caméraman personnel de Jean Ping serait entre les mains de la police nationale.

Philippe Nzamba

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