C’est à l’occasion de la 5ème édition des journées culturelles fang « Grand Nord en vacs »,  organisées chaque année à Port-Gentil et parrainées pour la circonstance par Jean Fidèle Otandault que les organisateurs ont, à la stupeur générale, élevé leur bienfaiteur au rang de notable Ekang.

C’est en remettant un balai traditionnel témoin de « l’union, le rassemblement et la fraternité du peuple Ekang » qu’un groupuscule de  ressortissants de la province du Woleu-Ntem résident à Port-Gentil a dit élever le ministre du Budget et des Comptes publics au rang de notable Ekang.

« Une arnaque de trop » qui passe mal au sein de l’une des plus importantes communautés d’Afrique Centrale. Interrogé à ce sujet, Venant Debomane, Président de l’ONG culturelle « Génération Ekang » est sans équivoque: « Dans la culture Ekang, peuple adorateur et guerrier, pour être notable il y’a des étapes à suivre selon le Mvôkh ou Ayong d’origine. La logique voudrait qu’un notable Ekang soit issu de la communauté Ekang soit de deux parents ou simplement d’un seul parent. Ce qui, manifestement, n’est pas le cas de ce monsieur ».

Pour un autre dignitaire Ekang: « A l’allure ou vont les choses, le peuple Ekang est à la fois indigné et satisfait. Indigné de l’usurpation d’un grade de sa communauté à des fins politiques et satisfait pour la reconnaissance de la suprématie des Ekang sur les autres communautés ». Pour ce dignitaire qui a requis l’anonymat: « Monsieur Otandault reconnait l’insuccès de la culture de sa communauté «Omiènè»  au profit de la nôtre (Ekang). Pour une personnalité de son rang, c’est une insulte à ses origines ».

Le peuple Ekang, rappelons-le, s’étend du Gabon au Cameroun, en passant par Sao Tomé, la Guinée Équatoriale, le Congo Brazzaville et la Centrafrique.

Patrick Montalier

Laisser un commentaire

Entrez votre commentaire!
Entrez votre nom ici