une élève du collège Quaben gravement blessée par sa camarade à l’aide d’un compas.

L’inquiétude est grande au sein des familles au Gabon. L’insécurité semble avoir atteint son apogée. Elle se développe désormais au sein des lycées et collèges où les enfants peuvent être poignardés à tout instant avec la montée de la délinquance juvénile. Au moment où cet article était sous rédaction, une élève du collège Quaben était gravement blessée par sa camarade à l’aide d’un compas.

Cette matinée est bien calme ce lundi 11 décembre au lycée Ba Oumar du quartier « Bas de Gué-Gué », dans le premier arrondissement de Libreville. La majorité des élèves arrivent à pieds mais plusieurs autres sont déposés en véhicule par des parents. Au portail, quelques surveillants contrôlent l’accoutrement des apprenants tout en jetant un coup d’œil dans les sacs. Un parent qui vient de déposer un gamin d’environ 11 ans confie à un journaliste d’i24gabon sa crainte : « bien sûr que je suis inquiet, on envoie son enfant à l’école pour apprendre et non pour mourir », le mot est lâché. Le nombre d’élèves poignardés dans les écoles secondaires s’accroit. Le phénomène n’épargne aucun établissement public.

Les mesures prises ne semblent pas dissuader ceux qui se baladent avec des couteaux ou autre objet dangereux dans le sac. Des agents de police en civile vont parfois aider les surveillants à veiller sur le calme. Mais cette présence temporaire se montre inefficace. Les enfants parviennent toujours à entrer dans les établissements avec une arme blanche.

Au Lycée Diba-Diba, situé aussi dans le premier arrondissement, le climat est le même. Depuis le début de l’année en cours, deux blessés légers. La semaine dernière, au Lycée Nelson Mandela, un nouveau blessé a été conduit à l’infirmerie. Selon les élèves, les cas les plus fréquents sont des « vols à l’arme blanche ». Les agresseurs tombent parfois sur des jeunes décidés à se défendre. En général, il s’en suit une bagarre à l’issue dramatique.

La presse n’évoque que les blessures mortelles. Or, ici à Ba Oumar, des anciens élèves affirment qu’au cours de l’année scolaire 2016/2017, chaque semaine au moins un nouveau blessé était conduit à l’infirmerie. Seuls les cas de morts sont signalés. Le plus récent s’est produit à Oyem il y a quelques jours. L’assassin n’a que 17 ans. A l’aide d’un couteau, il a donné un coup mortel à son ami, âgé de 16 ans. Cette histoire tragique a fait le tour des réseaux sociaux, rappelant du coup, le drame survenu au Lycée national Léon Mba, il y a plusieurs mois. Un jeune garçon poignardé par un autre.

Cette année, un organisme américain spécialisé dans les enquêtes statistiques a classé le Gabon à la septième place des pays les plus dangereux au monde. Dans les quartiers populaires, les attaques à mains armées dictent leur loi. Certaines zones sont infréquentables aux heures tardives. Les enlèvements et les disparitions font aussi l’actualité. Des corps dépouillés de certains organes, langue, sexe, tête sont retrouvés. Le phénomène des crimes rituels sème la terreur dans ce petit pays d’Afrique centrale depuis des décennies.

 

1 commentaire

  1. Félicitations pout cet article sur l’insécurité en milieu scolaire. Etant parent d’élève je suis très préoccupé par le phénomène qui chaque jour s’accentue un peu plus. Je tiens à souligner le fait que les pouvoirs publics semblent garder le silence sur une situation qui n’est pas nouvelle après les nombreux cas évoqués dans votre article. D’une aggression simple à un omicide volontaire elles auraient dû prendre des mesures sévères en conseil des Ministres avec effets immédiat. Mais nous en sommes restés aux constats que tous nous déplorons ici. Comment comprendre que sur les résaux sociaux et même sur des chaînes de radios ou de télévision on diffuse la violence et la haine via une musique qui fasse l ‘ apologie de la délinquence j’ai cité le titre #goudronnier#..Bref comment comprendre que les stupéfiants soient à portée de main des ados…. Merci pour l’éveil des consciences.

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