Monsieur le Président,

Maintenant que vous voici une fois de plus réélu à la tète du Gabon. Que célébrerez-vous après plus de sept ans passés à la présidence du bord de mer ? Le Gabon que vous promettiez de ré-enchanter pendant votre campagne électorale va mal. La colère gronde.

Entendez-là ! Un petit pays d’Afrique centrale de moins de 2 millions d’habitants, riche en pétrole, en or, en manganèse et en minerais où, le taux de chômage est d’environ 95 pour cent. Selon les statistiques des Nations unies, entre 70 et 96 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, avec moins d’un dollar par jour. Au chômage total ou partiel ; un taux élevé des jeunes ne sont ni à l’école, ni en formation, ni dans l’emploi.

J’ai rencontré des commerçants et des artisans qui ne peuvent plus se verser un CFA de salaire. Dans les bastions ouvriers à qui fut tout promis, la parole publique est discréditée. Sous votre règne, l’opposition fleurit au milieu de vos roses abattues.

« C’est la crise », dites-vous. Non, ailleurs, des Etats ouest-africains s’en sortent beaucoup mieux que nous. Leurs gouvernements modernisent leurs marchés de l’emploi, tranchent dans les dépenses inefficaces, disent la vérité à leurs opinions et obtiennent des résultats. Chez nous, l’urgence n’est pas déclarée, alors que le chômage et la dette atteignent des pics historiques.

La tragédie historique d’Omar Bongo montre que la menace de la faillite n’est pas abstraite. Une solution aurait peut-être été possible plus tôt si vous n’aviez pas joué un trouble jeu : rationnellement votre fonctionnement parait sombre car, vos propres échecs économiques, sociaux et financiers sont effroyables. Croissance médiocre, chômage massif, détournement de fonts publics exagérés, déficits persistants, réformes à minima, insuccès aux maxima : nous sommes l’un des maillons faibles de l’Afrique alors que nous devrions être un de ses leaders.

 Vous avez passez plus de sept ans à l’exécutif et aucune grande réforme à l’horizon.

Le navire est en cale sèche et vous attendez la mer. Au palais de la présidence du bord mer, on prie pour que la baisse du prix du pétrole veuille bien nous porter ; on espère tout de la politique calamiteuse d’Alain Claude Billie By Nze. Plus le pillage des ressources naturelles fait tourner la « planche à billets », plus vous semblez soulager de ne rien faire. Mais gare à nous, c’est à quitte ou double : que les taux d’intérêts se redressent et c’est la chute libre pour le Gabon. Nous sommes plus dépendants que jamais des marchés extérieurs : cruelle réalité pour vous, monsieur le Président, qui rêviez de mettre la finance au pas ! Notre souveraineté a un prix : celui du courage et de la cohérence. Ces deux vertus manquent à votre présidence.

Le Gabon se paupérise et recherche sa fierté perdue. La crise identitaire ne sera pas résolue par des discours mémoriels mais par des actes qui donneront aux Gabonais l’assurance que leur Nation et ses valeurs sont protégées. Etes-vous à jour de cet appel populaire et tricolore ? Dans nos cités, des quartiers divorcent de la République sous la pression des trafiquants et des intégristes. Dans nos Ecoles et Universités, des élèves et étudiants ignorent les minutes de silence ; le récit national est enseigné à voix basse…

Il faudrait riposter face à ce sentiment de déracinement qui angoisse les Gabonais. Mais votre parole est inaudible et l’action de votre gouvernement à contresens des attentes du pays : la réforme du collège nivelle l’esprit du mérite là où il faudrait, au contraire, avoir l’ardeur des hussards du savoir et du civisme ; la sécurité des citoyens est exposée par les crimes contre l’humanité et court-circuitée par les hésitations et l’insécurité de la justice ; notre système d’intégration tourne à vide, faute d’autorité.

Il est insupportable de voir le Gabon glisser hors de l’histoire et perdre la maîtrise de son destin alors qu’il dispose de tous les atouts pour jouer un rôle majeur au XIXème siècle.

En ce 17 août 2017, je ne sais s’il est encore de temps de réagir. Votre crédit est au plus bas dans l’opinion, vos frondeurs vous guettent au tournant, et pourtant « agir ensemble » est votre devoir !

Oubliez les échéances présidentielles qui semblent guider vos moindres gestes. Pour la croissance et l’emploi, tout n’a pas été tenté. Déverrouillez le Gabon de ses 7 ans mois, refondez le code du travail, modernisez l’Etat, revalorisez la voie de l’apprentissage en concentrant les moyens aujourd’hui dispersés dans les activités de corruption… Pour la République unie, engagez une politique d’immigration par quotas et faites de l’assimilation des étrangers une exigence pour vivre ensemble. Sur l’Afrique, sortez par le haut de la crise en poussant à une nouvelle organisation de la zone CFA.

Pour tout dire, utilisez ce septennat pour faire, si possible, une autre politique. Oui, une vraie politique qui libère les Gabonais, qui par son audace étonnerait la France et interpellerait tous ceux qui, par le monde, se demandent ce que nous devenons.

                                                                                                       

 

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