Idriss Ngari et Léonard Andjembé, les principaux bourreaux du département Lékabi Léwolo.

Une parti des 99,99%,  donnant la victoire Ali Bongo dans le Haut-Ogooué à la dernière élection présidentielle de 2016 «pète le câble» et dénonce une conception mafieuse du département  Lékabi Léwolo par les ressortissants de Ngouoni tels que : « Idris Ngari, Léonard Andjembé, Michel Antsélévé, Judes Claude Oyouomi, Abraham Otounga,  pour ne citer que ceux là. Ce qui fait que les autres cantons du département se déconstruisent chaque jour un peu plus, face à l’exclusion et à la confiscation des leviers du pouvoir comme prélude à la montée des périls.

Les ressortissants du canton Ngoua dans le département  Lékabi Léwolo crient au secours dans un vaste désert de prédateurs. Une situation paradoxale s’impose dans cette contrée. Toutes personnes ayant mobilisé leurs efforts pour la réélection d’Ali Bongo dans le Haut-Ogooué, et qui se sont démontrées capables à avoir convaincu même les plus réticents à voter en faveur du président actuel, sont mis aujourd’hui en arrière plan face à ceux là, qui n’avaient comme souhait que de voir le déclin brutal du fils d’Omar Bongo à la dernière élection présidentielle.

Si tant il est entendu que les moins nantis dans la province présidentielle vivent de la chasse et de la cueillette, 15 pygmées feraient mieux que 8 cadres supérieurs tirés de Ngouoni, coptés pour manger et servir d’« obstacle » à l’évolution des dignes fils du département.

Le Gabon accède au multipartisme avec…un caillou dans la chaussure : l’équilibre régional. Peut-on courir et se gratter la jambe ? Peut-on devenir un pays émergent tout en écartant certaines composantes régionales dans un contexte d’équilibre ? Les récents remaniements ministériels l’ont prouvé, si besoin est que la politique des quotas provinciaux si cher à Omar Bongo Ondimba, a viré au partage du gâteau national entre obligés, tout en se confinant sur un axe giratoire.

Ainsi, les Tékés de Lékabi Léwolo s’en sortent donc avec un important nombre de portefeuilles, tandis que les Obamba, qui ont plus « mouillé le maillot » hument désormais l’air dans une file d’attente.

En décodant plus largement, on peut observer la décapitation politique du canton Ngoua, déjà économiquement sinistré dans le département de Lékabi Léwolo. Et il y a d’autres observations à faire sur l’approche partisane de la gestion du département…

Au départ, l’équilibre régionale était une pratique informelle pourtant textuellement consacré par Omar Bongo Ondimba durant son règne avec une méthode traditionnelle fixant les quotas de places « réservées aux originaires de chaque province ainsi qu’aux anciens militaires sans distinction d’origine, candidats aux concours administratifs d’entrée aux différentes catégories de la fonction publique et aux concours donnant accès aux établissements nationaux de formation ».

En pratique, cette politique  à l’aveugle souffrait d’une vraie démarche « scientifique » tenant compte de la représentation ethnique, de la répartition équitable des postes politiques et administratifs permettant de diviser le quota provincial entre toutes les communautés locales. Dans cette démarche bancale, on notait l’absence de certains groupes minoritaires comme les pygmées, les femmes, les invalides etc.

Mais au temps d’Omar Bongo comme on dit, la consolidation de l’unité nationale était en jeu et la volonté affichée était d’inclure dans le jeu politico-administratif de la nation en construction les représentants de toutes les sensibilités ethniques « afin de minorer toute tendance centrifuge ». Cette politique se posait ainsi en instrument de consolidation de l’unité nationale. Dans le « renouveau » pourtant, le fait ethnique est utilisé pour accéder et se maintenir au pouvoir. « Cette idéologie, élaborée à l’époque coloniale, se nourrit de cooptations, de décrets et de toutes sortes de manipulations », selon un analyste politique.

Aujourd’hui il s’agit d’un partage de gâteau pur et simple, entre obligés de tous bords, en lieux et place d’une conception distributive de mérite qui seule devrait prévaloir… Cela explique-t-il que le département Lékabi Léwolo, déjà politiquement sinistré est aujourd’hui politiquement décapité ? Ou que le canton Ngoua s’en sorte avec zéro ministre là où Ngouoni caracole avec une kyrielle de portefeuilles ? Puisqu’il s’agit d’un partage du gâteau national, autant que tous les départements soient présents pour dépecer le gibier, à défaut de tordre le cou à cette conception pouvoiriste de l’équilibre régional qui, occultant les compétences où quelles se trouvent, mène droit au mur.

Selon un expert des questions sociopolitiques, « les enjeux auxquels le Gabon est aujourd’hui confronté nécessitent qu’un terme soit mis à cette politique. Il faut revenir à la compétence et au mérite comme fondements de l’accès aux responsabilités. Ce qui signifie que des individus passablement incompétents comme Cyriaque Kouama, Kalima Jeannot, Norbert Onouni, sont appelés à endosser des responsabilités auxquelles leur incompétence naturelle ne leur permet pas de prétendre. Le département Lékabi Léwolo se tire ainsi pour parler trivialement une balle dans le pied ».

La cohésion nationale est aujourd’hui mise à mal, par une conception mafieuse de la République, qui se déconstruit chaque jour un peu plus, comme prélude à la montée des périls.

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