Depuis ces derniers mois, la nouvelle équipe municipale de la commune de Libreville ne cesse de multiplier les sorties, en vue de déguerpir les commerçants qui vendent aux abords des trottoirs à travers les rues de la capitale. Ces sorties mal-perçues par nombreux commerçants, semblent créer une guerre des nerfs urbaine, qui s’apparente à ce que les observateurs avertis considèrent aujourd’hui de ‘’jeu du chat et de la souris’’ à n’en point finir, entre la mairie centrale et les commerçants.

Entré en fonction le 11 mars 2018, le maire de la commune de Libreville, Léandre Nzue, n’a pas perdu le temps à attendre pour commencer à mettre en exécution son programme d’actions. Ainsi, sous son impulsion, la mairie centrale va lancer la 15 mai l’opération « libérez les trottoirs« , au motif de faire rayonner la ville de Libreville.

Résolument engagé à poursuivre cette opération qu’il a initiée en 2012, alors qu’il occupait à la même mairie la fonction de 4ème maire adjoint chargé des voiries, Léandre Nzue se trouve buté aujourd’hui à la résistance des commerçants acharnés.

Eux, les commerçants, savent désormais comment jouer avec le patron de l’hôtel de ville et ses soldats du terrain municipal. « Ils arrivent oh », c’est non seulement le code, mais aussi, et surtout, le signe d’alerte que les commerçants ont intuitivement adopté pour s’échapper de l’ « ennemi ».

Au niveau de l’échangeur IAI, nous nous sommes rapprochés de Marie-Louise, une commerçante qui, fuyant en laissant tomber ses produits après avoir aperçu les ‘’gilets jaunes’’ de la mairie de la commune de Libreville, nous a fait comprendre par une voix essoufflée : « Je ne sais pas ce qu’ils nous veulent. Nous sommes fatigués de ça. Y’a pas de marchés, on fait comment ? Hein… » A quelques pas de là, on pouvait entendre une autre commerçante, ayant à peine caché sa marchandise, s’interroger face aux agents de la mairie : « Nous, on fait comment ? Nous allons nourrir nos enfants comment ? »

Une fois les agents partis, bienvenue la réinstallation des marchandises aux mêmes abords des trottoirs. Les commerçants placés sous le collimateur de l’édile de la commune de Libreville ont compris qu’ils étaient désormais dans une guerre de nerfs urbaine, qui imposait de ‘’jouer au chat et à la souris’’ avec la mairie centrale. Un tel jeu consiste à quitter les trottoirs quand les équipes municipales arrivent, et les réinvestir quand elles repartent.

Ainsi donc, dira-t-on : « A malin, malin et demi ! »

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