La grève des retraités gabonais devant le siège de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale perdure autant qu’elle fait son lot de révélations. Plusieurs administrations publiques, privées et para-publiques affiliées à elle traînent des dettes colossales. C’est le cas de la mairie centrale de Libreville qui, à elle seule, cumule une dette de plus de 21 milliards CFA, soit très exactement 21.448.943.004 de francs CFA.

Il est des vérités qui, si elles étaient révélées dans des médias publics et privés tel que l’avait envisagé Francis Nkea, le ministre de la lutte contre la corruption, dévoileraient très certainement une administration gabonaise aux pieds d’argile.

Alors qu’elle est accusée et attaquée par une opinion nationale très peu encline à l’esprit de recherche de la vérité, dans le conflit qui l’oppose aux retraités, il est important de souligner que la CNSS est quasiment dépouillée de ses fonds. Et pour cause, plusieurs administrations ne reversent pas le moindre centime dans ses caisses aux fins d’assurer leurs employés une fois admis à faire valoir leur droit à la retraite.

Dans un rapport d’audit parvenu à notre rédaction, l’un des cas d’endettement les plus flagrants est celui de l’hôtel de ville de Libreville.

À elle toute seule, cette immense collectivité locale doit à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, la bagatelle de vingt-un milliards de francs CFA et cela, depuis de très longues années. Du temps où André Dieudonné Berre était encore édile de la capitale, l’on se souviendra que des agents municipaux avaient à l’époque, fait éclatée cette vérité. À savoir qu’il leur était pourtant prélevé des taux sur leur salaires sans que cette importante manne ne soit reversée à la CNSS pour leur protection sociale. En référence au rapport d’audit en notre possession, la mairie de Libreville dont le matricule à la CNSS est 001-0080050-E, détient le record des impayés à hauteur 21.448.943.004 CFA.

Le tollé suscité à l’époque a dû trouver accalmie que grâce à l’intervention de l’ancien chef de l’État Omar Bongo Ondimba.

Plusieurs années après, des maires de succèdent, mais aucun ne semble faire d’efforts pour recouvrer cette dette et être en phase avec les agents.

Mais alors que la grève des retraités fait grand bruit sans que l’on explique le bien fondé de la trimestrialisation des pensions, curieux est le silence de la caisse elle-même sur ses créanciers d’une part, mais aussi et surtout de la part de toutes ces entreprises et administrations qui se complaisent à s’assoir sur autant de dettes.

D’ailleurs, on ne peut s’empêcher de se poser la question de savoir de qui se moque t-on, si à peine arrivé à la mairie, le maire Léandre Nzué peut se taper le luxe de se tailler un parc automobile estimé à plusieurs centaines de millions, et en allant séjourner dans une suite à plus d’un million CFA la nuitée au très prestigieux Georges V, à Paris ?

Régie financière majeure de l’État, avec un recouvrement des plus importants journaliers du pays, entendu que c’est la mairie de Libreville qui gère le plus grand marché du pays, comment comprendre que celle-ci peine à éponger une si vieille dette?

Il semble évident que cette situation extrêmement gênante illustre parfaitement le peu de considération que certains dépositaires de l’autorité publique ont vis à vis de leur devoir de servir la nation et non de s’en servir pour se bâtir des fortunes colossales.

Arthur Anguilet

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