C’est le contraire qui aurait étonné. À la faveur d’une prise de parole publique, le samedi 12 octobre à Libreville, l’opposant Gabonais est plutôt resté fidèle à ce qui lui colle si bien à la peau. En lieu et place d’une déclaration importante telle qu’annoncée, l’homme des charbonnages a snobé une fois de plus ses partisans.

Il est devenu coutumier des sorties médiatiques annoncées comme très déterminantes; comme très décisives.

D’ailleurs, à la moindre sortie que le candidat malheureux de la présidentielle de 2016 prévoit, les réseaux sociaux parlent d’une « importante déclaration ». Mais curieusement, il faut juste écouter Jean Ping pendant cinq à dix minutes pour se demander si c’est pas le vieux discours qu’il prononça à Ntchoréré au terme de son vrai faux dialogue organisé parallèlement à celui du chef de l’État Ali Bongo en 2017 que ceux qui lui servent de communicants lui ressortent à chaque fois d’un tiroir?

En effet, ils sont de plus en plus nombreux, ces résistants qui n’assistent plus aux rassemblements de leur leader. Et plusieurs ne cachent plus leur agacement au sortir d’un de ses appels, pour fustiger publiquement cette attitude de sa part à ne répéter que les mêmes choses que tous disent savoir d’emblée.

De haut dignitaire à politicien, il n’y a pourtant qu’un pas à faire. Mais la veste de leader semble de plus en plus lourde à porter pour Jean Ping.

Très peu inspiré, et visiblement en perte de soutiens sérieux dans le jusqu’au boutisme qu’il avait promis à ceux qui croyaient en lui, Jean Ping a passé son temps hier à implorer la France et la communauté internationale à venir l’aider à prendre le pouvoir au Gabon.

Chose curieuse et très marrant à la fois, comment peut-on continuer à demander secours à une communauté internationale dont on disait qu’il en détenait les codes en 2016, alors que trois ans plus tard, celle-ci a semble-t-il fait le deuil du scrutin de cette année là?

Comment demander à la fois à cette même communauté internationale de faire en sorte qu’une vacance du pouvoir soit déclarée au Gabon, quand dans le même temps, on réclame une reconnaissance d’une supposée victoire à une élection d’il y’a trois ans?

À l’évidence, la sortie de Jean Ping ce samedi a plus sonné la fin d’un rêve. La fin d’un enfumage. Mieux encore, la nécessité pour l’opposition de commencer à s’organiser à se trouver un leader pour 2023. Car, peut-être bien que la seule note importante de cette vraie fausse importante déclaration consistait en réalité à avouer son impuissance face au contexte politique actuel que lui, Jean Ping, n’arrive plus à suivre. Atteint par la limite d’âge, et dans un paysage politique où la jeunesse s’impose de plus en plus.

Arthur Nsolet

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