Le recouvrement de la dette des entreprises affiliées à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) est assurément la condition sine qua-none pour sa survie. Les chiffres sont alarmants. On parle d’une dette de plus de 250 milliards CFA. À ce jour, la CNSS encaisse 28 milliards de cotisations trimestrielles, contre des prestations de 32 milliards, un GAP de 4 milliards chaque trois mois qui, à terme pourrait conduire cette institution à mettre la clé sous le paillasson.

C’est assurément un défi à relever pour Nicole Assélé qui hérite d’une institution laissée pour morte par ses prédécesseurs.

L’on comprend mieux sa décision de retour au paiement trimestriel des pensions.

Pourtant, les entreprises débitrices continuent d’exercer librement en territoire gabonais, tout en réalisant des bénéfices pour certaines. Elles continuent de prélèver les cotisations sociales de leurs employés sans pour autant les reverser à la CNSS. Au grand dam des retraités.

Sitôt arrivée, la nouvelle directrice de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale s’était donnée pour mission de recouvrer l’immense créance de l’institution dont elle a la charge, afin de prévenir l’actuelle crise. Mais très vite elle s’est heurtée à la triste réalité.

Si les entreprises ne s’acquittent pas de leurs cotisations après émission par la CNSS d’un « avis à tiers détenteur », cette dernière peut exiger la saisie des comptes auprès des banques.

Seulement, il semble  que les mauvais payeurs ont depuis trouvé le moyen de contourner cette disposition.

Selon nos informations, les banques ont pris l’habitude d’informer les entreprises dès qu’une demande de saisie est formulée à leur encontre. Ce qui leur donne la possibilité de vider leurs comptes, en complicité avec les banquiers.

Au moment où le mouvement de grève des retraités est imputé à tort à Nicole Assélé et que l’avenir de la CNSS se dessine désormais en pointillés, il revient au chef de l’État, garant des institutions de prendre des dispositions nécessaires et d’instruire le gouvernement à renforcer les pouvoirs de l’actuelle équipe dirigeante de la CNSS. Le recouvrement de sa créance apparaît vital.

Philippe Nzamba

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