Grève des agents de l'ANUTTC -Archives Internet.

Ras-le-bol de travailler pour des clopinettes, de se tuer à la tâche pour que ce soit au final les autorités gabonaises qui viennent à chaque fois recueillir les résultats de leurs efforts, les laissant pratiquement sans un sou. Marre de cette situation qui n’a que trop duré, les agents de l’agence menacent de rentrer en grève illimitée ce 30 avril 2018, si rien n’est fait pour changer la donne et ainsi améliorer leurs conditions de vie et de travail.

Le personnel de l’ANUTTC revendique, entre autres, le payement de six mois d’arriérés de salaire, la réhabilitation de certains de leurs avantages, comme le versement des cotisations à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), ou encore l’Assurance Maladie (ACR), mais aussi la prise en compte du cahier de charges datant de leur première grève.

« Nous exigeons que les autorités trouvent une solution à cette situation qui n’a que trop duré. Aujourd’hui, certains de nos collègues se sont déjà fait expulsés de leurs domiciles par leurs bailleurs, et sont de ce fait obligés de retourner auprès de leurs familles respectives avec femmes et enfants. Comme vous pouvez le voir, c’est une situation des plus humiliantes pour ces pères et mères de familles »,  a déclaré le délégué du personnel, Blaise Béga.

Il précise que: « Cette situation déplorable est due à la suppression depuis 2014 de la subvention de l’Etat à l’Agence Nationale de l’Urbanisme des Travaux Topographiques et du Cadastre (ANUTTC). En sus, le problème de la clé de répartition des prix de cession entre l’Etat et notre structure.  Elle s’arroge la plus grosse part, soit 70% de tout ce qui rentre en termes financiers dans la boîte, et nous restons tout juste avec 30%. Ce qui ne suffit pas à couvrir toutes les charges de l’entreprise, donc à payer régulièrement les salaires du personnel ».

Pour pallier à cette situation, les syndicalistes, en collaboration avec le délégué du personnel, ont décidé de faire des propositions de sortie de crise aux autorités. Des propositions destinées, selon Blaise Béga, à satisfaire les deux camps:

« Dans le but de remédier à cette situation et donc de faire en sorte que tous les agents puissent bénéficier de leur salaire mensuellement, nous proposons trois pistes aux autorités. La première serait d’inverser la clé de répartition des avoirs à l’ANUTTC. Que notre structure prenne 70% des prix de cession et l’Etat les 30% restant. La seconde, que le partage se fasse de manière équitable, c’est-à-dire 50%-50%. Ou encore, que l’Etat recommence à verser la subvention à l’ANUTTC, ce qui permettra à l’agence de pouvoir payer régulièrement les salaires des agents pour commencer », a-t-il proposé.

En attendant une quelconque évolution de leur situation, les syndicalistes ont déposé un préavis de grève auprès de leur hiérarchie. Ils ne semblent pas vouloir reculer cette fois-ci, et sont prêts à aller jusqu’au bout pour avoir gain de cause.

 

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