Trois mois après sa sortie de prison pour « instigation à la haine », l’ex porte-parole de l’opposant Jean Ping semble avoir choisi une occasion très solennelle, fut-elle, celle de l’étape de Ndéndé du Directeur de cabinet du président de la République, Brice Laccruche Alihanga qui est entrain de boucler une tournée inter-provinciale à travers le pays, pour mettre un terme à sa proximité avec le candidat malheureux de la présidentielle de 2016.

Le coup de com que l’ancien Ministre sous feu Omar Bongo a plutôt fait l’effet escompté. À voir le nombre de commentaires dans la presse, aussi bien en ligne que celle écrite, l’apparition surprise de l’un des plus virulents porte-paroles qu’a eu Jean Ping, aux côtés du Directeur de cabinet du chef de l’État au domicile de Patrichi Tanassa (ADG de Gabon oil company) récemment, en dit long sur les dessous de cette image.

Pour rappel, Frédéric Massavala est celui qui, avec sa verve reconnue, encenssait les foules lors des meetings de Jean Ping durant la période qui a suivie la proclamation de la présidentielle de 2016.

Or,voilà que trois ans plus tard sans que les réunions quotidiennes du patron du bord de la piscine avec ses amis, dont le cercle se retraicit comme peau de chagrin n’aboutissent à rien de concret sur le plan politique, lui,le sémillant Massavala va passer par la case prison durant 18 mois.

À sa sortie le 8 juin dernier, certains observateurs de la vie politique du Gabon avaient déjà senti en cet homme, un homme résigné, et qui ne semblait plus vraiment en mesure de poursuivre dans ce qui apparaît désormais clairement comme une impasse politique de la part de cette coalition.

Sans véritable rapport de forces sur le terrain depuis lors, comment entend-on prendre le pouvoir que l’on continue de revendiquer dans ce cas de figure si, chaque jour depuis bientôt quatre ans, celui dont la carte de visite était si vantée par les siens comme arme fatale pour une conquête propre et dosée du pouvoir d’Etat n’inspire plus grand monde à qui il a pourtant promis un abri du besoin et un autre de la peur?

C’est donc sans nul doute hanté par cette réalité évidente, que l’ancien harangueur de foules s’est certainement heurté pour en arriver à ça.

D’ailleurs, quand il dit:  » Jean Ping a eu sa chance. Il n’incarne plus la solution aujourd’hui » on aura vite compris que la rupture de ban est consommée.

À l’évidence,la Coalition pour la nouvelle République (CNR) bat de plus en plus de l’aile.

Convaincus au fil du temps qu’il sera très difficile, voire impossible à Jean Ping de rester la figure emblématique de l’opposition Gabonaise à défaut de traduire sa promesse d’accéder à la magistrature suprême comme il continue de le promettre à chacune de ses sorties publiques, la quasi-totalité de ses principaux lieutenants sont entrain de sauter l’un après l’autre tels des boulons qui lâchent une jante pour enfin précipiter le véhicule au fond de l’abime.

À l’heure d’une recomposition massive et naturelle de l’élite ainsi que de la classe politique nationale depuis un moment, le nouveau revirement de Massavala Ma Mboumba doit, pourquoi pas, interpeller les-uns et les autres à des réflexions approfondies quant à la qualité de ceux qui aspirent à les diriger sans visiblement en tenir les moyens de leur idéal.

Laisser un commentaire

Entrez votre commentaire!
Entrez votre nom ici