Au moment où les Gabonais, dans leur grande majorité, luttent pour leur liberté, je pense spécialement aujourd’hui à l’un des grands héros, l’un des grands combattants de notre Histoire. Un homme qui a sacrifié sa carrière et sa vie pour la libération du Gabon…

Figure emblématique de la société civile gabonaise, intellectuel engagé, électron libre et esprit brillant, Grégory NGBWA MINTSA est un héros des temps modernes (dans un pays qui manque cruellement de figures héroïques). Cet homme d’une intégrité exceptionnelle avait eu le culot de trainer Omar Bongo devant les tribunaux pour détournement de fonds publics et enrichissement illicite (dans la fameuse affaire des Biens Mal Acquis). Le régime en place lui proposa alors de retirer sa plainte, en contrepartie d’un poste juteux et d’une mallette bien remplie… C’était mal connaitre cet homme de caractère qui n’était pas porté sur le luxe, l’argent, les postes ronflants, les titres pompeux, les honneurs…
En refusant d’aller à la « mangeoire » comme les autres, le régime Bongo/PDG lui a fait payer son « arrogance » (licenciement, carrière professionnelle brisée, salaire supprimé pendant des années, confiscation de passeport, intimidation, menace de mort, pressions politiques, passage à tabac, tentative d’assassinat, emprisonnement arbitraire, etc.). Mais il est toujours resté debout et droit dans ses baskets et dans son éternel blue jean’s !
Son engagement pour la libération du Gabon a été reconnu et salué sur la scène internationale. Grégory NGBWA MINTSA a reçu le Prix de l’Intégrité Transparence Internationale en 2009-2010.

Pa’ Gré, tu es parti trop tôt ! Trop vite… Ton départ a été une immense perte pour le Gabon. Tu avais encore tellement de choses à apporter à cette jeunesse gabonaise complétement désorientée, déroutée, prête à se laisser entuber par le premier vendeur de cacahuètes qui passe.
Pa’Gré, tu ne me croiras jamais,… Aujourd’hui l’opposition gabonaise est « incarnée » par ceux que tu as longtemps combattus (et qui ne t’ont pas fait de cadeau). Ils jurent devant l’Eternel qu’ils veulent désormais changer le système qu’ils ont mis en place et qu’ils ont servi pendant des décennies…
Dans quelques années, lorsque la jeunesse gabonaise aura repris ses esprits, ton discours panafricaniste sera à nouveau d’actualité. Je sais que tu étais radicalement contre les honneurs et les titres pompeux et ronflants. Mais plus tard, des rues, des écoles, des monuments porteront ton nom… Toi aussi tu auras ta place dans les manuels d’histoire… Car les vrais héros ne meurent jamais !

Tu aurais eu 60 ans aujourd’hui… Et je pense à toi en ce jour spécial. J’écoute Bob Marley et je lis le chef d’œuvre de l’historien Walter Rodney « Et l’Europe sous-développa l’Afrique » (un ouvrage que je recommande à tous les Africains).
En ce jour spécial, je repense à nos nombreux débats passionnés et passionnants.

Pa’Gré, tu es parti trop tôt ! Trop vite… Qui d’autre viendra expliquer à la jeunesse que « personne ne fera le Gabon à notre place » ?

Ricky NGUEMA-EYI.

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