Depuis le 13 mai  2019 dernier, la prison centrale d’Oyem a ouvert ses portes à un prisonnier pas comme les autres. En procédant à l’arrestation du Directeur de cabinet de David Mbadinga ,ministre gabonais du commerce, sieur Michel Libère Moukani Mavouroulou, pour une sulfureuse affaire de détournements, faux et usage de faux en bande organisée des recettes de l’État, le travail appréciable de la brigade centre d’Oyem ne suit pas son cours normal.

Plus d’un mois déjà que le Directeur de Cabinet du Ministre du commerce et ancien opposant est aux arrêts. En nous référant sur l’ensemble des éléments aux mains de plusieurs sources proches de ce dossier , il est plus qu’évident que David Mbadinga y serait pleinement impliqué. L’opinion publique ne comprend pas pourquoi cette affaire, pourtant du même acabit que le kevazingogate, passe sous silence.

Selon nos confrères du site d’informations en ligne INFOS241.Com et du quotidien L’UNION, tout serait parti d’un ensemble de documents portant arrêtés 0010, 027 et 018 sur lesquels, les éléments de la brigade centre d’Oyem aurait mis la main.

Datant des 06 décembre 2018 pour l’arrêté 018/MC/CAB, du 10 janvier 2019 pour l’arrêté 0010/MC/CAB et du 17 décembre 2018 pour l’arrêté 027/MC/CAB, tous ces arrêtés qui se révèleraient être des faux,portent clairement la signature du Ministre du commerce lui-même en personne.

C’est ainsi que grâce à ces nominations qui ont tout l’air de contourner les voies légales aux fins de nourrir frauduleusement ceux qui en sont tapis derrière, des brigades de contrôle de prix auront été illégalement créés sur toute l’étendue du territoire national. À Libreville à elle seule, des sources avancent le chiffre de quinze brigades ainsi créées.

Composées, selon ces mêmes sources ,d’au moins cinq élément par groupe, chacun de ces groupes mafieux aurait reçu pour instructions du ministre qui en laissait la gestion à son Directeur de Cabinet,de lui reverser entre 5 à 800.000fcfas par jour.

Sous une telle pression, la multiplication d’excès selon les zones de recouvrement de chaque équipe ne s’est pas faite attendre. Il n’y a pas très longtemps,des syndicats de commerçants victimes de ses arnaques durent se plaindre auprès du gouverneur de la province de l’Estuaire. Un calme temporaire aurait été observé avant que plusieurs reviennent à la charge.

Et dire que tout cet argent était reparti de sorte que le Ministre en personne,sous le couvert de son Directeur de cabinet,exige 70% de la somme pour ne laisser que 30% maigres pourcents au trésor public.

Arrêté numéro 027/MC/CAB du 17 décembre 2018 portant répartition des frais de dossiers divers

Dans l’enquête qui, selon toute vraisemblance, poursuivrait son cours, le Directeur de Cabinet déjà aux arrêts en compagnie de deux autres faux agents en poste aux postes frontières d’Eboro et de Ntem au nord du Gabon, aurait déjà fait des aveux. Non sans indexer clairement son patron sous les ordres duquel il agissait.

Au regard des révélations dont semblent comporter les copies des arrêtés ministériels, il semble que le réseau de David Mbadinga est bien plus vaste et structuré, avec des ramifications au point que l’on pourrait se demander si le kevazingogate ne fait pas finalement de l’ombre à plusieurs autres  de ces scandales financiers?

Philippe Nzamba

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