Jean Ping a longtemps été le compagnon de la sœur d’Ali Bongo, l’héritier de la dynastie qui règne sur le pays depuis un demi-siècle. Ex-membre du sérail, devenu opposant, Jean Ping, dont le QG a été violemment bombardé par les forces du régime au lendemain des élections, s’affirme aujourd’hui en danger.  Répondant par téléphone aux questions de nos confrères de Libération, depuis son domicile sous surveillance constante des forces de police à Libreville, l’opposant déclare que cette convocation n’est que le prétexte d’un coup monté.

Convoqué par la justice gabonaise afin de comparaître devant le juge d’instruction, l’opposant à Ali Bongo Ondimba à la dernière élection présidentielle d’août 2016 ne s’est pas présenté à cet appel. Il dénonce une entourloupe fomentée contre lui, par le pouvoir : « Je pense surtout que ce pouvoir est aux abois et qu’il a monté cette affaire de convocation judiciaire pour essayer de me forcer à capituler. Je sais pertinemment quel est leur projet : me convoquer chez le juge, puis m’interpeller. Et ensuite, peut-être m’inoculer un poison dont les effets se feront sentir plus tard.

« Je connais bien ce régime ! Dans le passé, c’est déjà arrivé. Aujourd’hui, Ali joue sa dernière carte, il pense qu’en liquidant le véritable vainqueur des élections de 2016, il va mettre un terme à la crise. Tout le monde sait que j’ai gagné les présidentielles avec plus de 60% des voix, 300 de mes compatriotes ont déjà été tués depuis le scrutin. Je mesure mes mots, je suis persuadé que le régime veut désormais m’éliminer. Et c’est pour cette raison que je ne vais pas chez le juge. J’envoie simplement mes avocats, pour plaider le droit dans cette affaire montée de toutes pièces : un partisan de l’opposition, Pascal Oyougou, arrêté en septembre, m’accablerait soudain de tous les maux ? Ah bon ? Il est prison, n’a jamais été entendu par un juge… Et là, il m’accuse ? Mais de quoi ? Et si c’est avéré, que faut-il en conclure ? Qu’il a été torturé ? Qu’on lui a fait des promesses ? Tout ça ne tient pas debout… En réalité, Ali pensait que je finirais par accepter un compromis, qu’après toutes ces violences, il m’offrirait un poste et tout recommencerait comme avant. Et comme cette fois ça ne marche pas, le régime se durcit. »

 

Laisser un commentaire

Entrez votre commentaire!
Entrez votre nom ici