Dans une correspondance datée du 22 juin 2018, monsieur Joël Patient Mbiamany Ntchoreret, Directeur Général de la Société Nationale du Logement Social (SNLS), notifie la suspension de ses fonctions à son Directeur Général adjoint.

« Une probable attribution irrégulière d’un terrain » par le DGA à son épouse serait à l’origine de sa suspension et son interdiction  « de venir au siège social de la SNLS, de communiquer avec les agents de la SNLS », par rapport à son statut de Direteur Général Adjoint et ce, en attendant le prochain conseil des ministres.

La réaction de Dieudonné Egnina Ndombi ne s’est pas faite attendre. Dans une correspondance du lundi 25 juin 2018, le DGA recadre son Directeur Général.

Un réquisitoire dans lequel le DGA marque son étonnement quant à sa suspension. Non sans rappeler à son Directeur Général qu’il avait été « nommé par le conseil des ministres en sa séance du 13 septembre 2013 » et que par conséquent « seul un nouveau conseil des ministres » peut le démettre de ses fonctions.  Dieudonné Egnina poursuit en rappelant  « qu’en République Gabonaise, selon la réglementation du travail, seul un décret abroge un autre ».

Selon les statuts de la SNLS « seul le conseil d’administration a mandat et pouvoir de démettre un directeur général adjoint de ses fonctions » renchérit le DGA visiblement déterminé à faire respecter ses droits. Tout en rappelant à son supérieur les règles de la déontologie administrative « qu’il faut respecter ».

Quant à la probable attribution irrégulière d’un terrain à son épouse qui ferait actuellement l’objet d’une procédure judiciaire, le DGA se dit « surpris ». Selon sa correspondance, son épouse « détient un titre foncier de 2016 sur une liste de quatorze (14) détenteurs et ces titres fonciers ont été octroyés et validés par des services compétents ». Une précision qui pourrait remettre en cause les véritables motifs de la guerre acharnée contre le numéro deux de la SNLS en poste depuis cinq ans.

Dieudonné Egnina remet les pendules à l’heure et rappelle à son Directeur Général que c’est au contraire lui qui aurait « irrégulièrement vendu la parcelle numéro 58 à mademoiselle Betoe Charlène sur un numéro 100 d’une valeur de trente millions ( 30.000.000) FCFA, entraînant ainsi un doublon sur la même parcelle ». À la suite de ce délit,  Joël Patient Mbiamany Ntchoreret avait été convoqué à la police judiciaire et sommé de « suivre la procédure de remboursement ». Une affaire qui n’a toujours pas connu son épilogue, d’après l’actuel DGA.

Une situation qui soulève une fois de plus la question de la qualité des cadres qui sont portés à de hautes fonctions. Ces individus qui auraient une petite estime d’eux-mêmes brillent par une méconnaissance des pratiques administratives, un mépris vis-à-vis de l’autorité de l’État et parfois dotés d’une moralité ravagée, soucieux de s’enrichir personnellement au grand dam des populations.

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