Economie

CNSS : les 89 milliards qui font bouger toute la République


Il s’agit de 89 milliards de fcfa de la dette de l’Etat gabonais vis-à-vis de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), que la nouvelle direction générale entend revendre aux institutions bancaires dans le cadre de son ambitieux plan de restructuration et de réforme et dans le but de renflouer les caisses restées vides depuis plusieurs années. 

Depuis le début de ce processus de rachat par les institutions bancaires de la créance de l’Etat, une innovation pour la CNSS, les appétits se sont aiguisés. Certains hauts cadres de l’administration aux dents et aux bras très longs et à l’appétit vorace ont décidé de faire la guerre à son directeur général, Patrick Ossi Okori.

Selon des sources bien introduites au palais du bord de mer, ces hauts cadres veulent à tout prix faire débarquer l’actuel directeur général et positionner un des leurs pour gérer les espèces sonnantes et trébuchantes du rachat des créances. C’est ce qui explique l’instrumentalisation de certains acteurs sociaux et la campagne de désinformation financée à coups de millions dans une certaine presse depuis plusieurs semaines. Le seul but de ces manœuvres d’une autre époque est de « salir »  l’image de l’actuel directeur général, afin de convaincre Ali Bongo de le virer. 

Sur les 89 milliards, 21 milliards sont une dette de la main d’œuvre non permanente, 39.7 milliards une dette des sociétés d’État, 39 milliards une dette de la cession des hôpitaux (Jeanne EBORI, Paul Igamba et le Centre hospitalier universitaire d’Owendo), 4 milliards prélevés par la task-force mais jamais reversés dans les caisses de la CNSS et 2 milliards de cotisations courantes. 

Une première convention avait été signée pour la dette de 21 milliards de la main d’œuvre non permanente, notamment le paiement par l’Etat de 6 milliards de fcfa par an pour apurer sa dette . Ce qui a permis à la direction générale de revendre cette dette auprès d’Orabank. Une prérogative que lui confèrent les textes. C’est ce premier rachat qui a contribué à supporter les charges jusqu’au mois d’avril 2022, en l’occurrence les salaires qui s’élèvent à 1.6 milliards chaque mois. 

Une deuxième convention avait été signée avec l’Etat, cette fois pour la dette des sociétés d’Etat qui s’élève à 39,7 milliards de fcfa. Deux banques, dont Ekobank et Orabank ont accepté de la racheter à hauteur de 15 milliards pour la première citée et 21 milliards pour la deuxième. C’est cette deuxième manne qui était censée supporter le paiement des salaires depuis le mois de mai. Sauf que la direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor a retiré le visa d’opportunité, contre toute attente et sans aucune forme d’explications. Rendant ainsi impossible le paiement de la somme à la CNSS.

Avant Patrick Ossi, Nicole Assélé avait déjà été victime des mêmes pratiques du temps où elle était directrice générale de la CNSS. Elle avait été injustement jetée à la vindicte populaire par une certaine presse contrôlée par Brice Laccruche Alihanga, à l’époque tout puissant directeur de cabinet d’Ali Bongo. 

Sous l’impulsion de Nicole Assélé, la CNSS avait obtenu un prêt de 45 milliards de fcfa de la Banque de développement des états de l’Afrique centrale (BDEAC) pour la construction, au bénéfice du personnel de la CNSS, de 1000 logements sociaux-économiques, d’un complexe scolaire (primaire et secondaire), d’une polyclinique de 80 lits et d’un marché commercial et intégrateur à Okolassi, dans la Commune de Ntoum, à une quarantaine de kilomètres de Libreville. Non content qu’une telle manne se retrouve aux mains d’une directrice générale dont le contrôle lui échappe, Brice Laccruche et ses amis avaient lancé une virulent campagne de désinformation et de dénigrement contre Nicole Assélé, avant de la virer comme une malpropre. 

Pourtant le diagnostic catastrophique de la CNSS ne laisse pas de place aux intérêts purement égoïstes. Les résultats des différents audits exigés par l’actuelle équipe dirigeante dès son arrivée sont alarmants; la CNSS c’est 28 milliards de déficit, une entreprise à découvert sur tous les comptes bancaires, 55 milliards de crédits spot laissés par les prédécesseurs, 10 milliards de dette fournisseur réduite à 6 milliards après l’audit et dont 4 milliards ont été réglés par l’actuelle équipe, 5000 retraités qui attendent leurs pensions depuis 5 ans pour un montant de près de 19 milliards dont 11 milliards déjà réglés par l’actuelle équipe. La CNSS c’est surtout une insoutenable masse salariale mensuelle  d’un montant 1.6 milliards de fcfa. 

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