Au lendemain de l’élection présidentielle du mois d’août 2016, scrutin pour le moins très contesté, le président de la République, Ali Bongo Ondimba, à peine déclaré élu par la cour constitutionnelle, lançait l’idée d’un dialogue inclusif auquel prirent part plusieurs leaders politiques de l’opposition ainsi que certains acteurs de la société civile. Trois ans plus tard, état des lieux!

Il est indéniable que le but principal que recherchait le pouvoir en place au Gabon au sortir de la tumultueuse élection présidentielle qui l’a vu se maintenir au pouvoir, était clairement d’apaiser le climat social qui était au bord de l’implosion à la suite de l’annonce officielle des résultats de cette importante consultation électorale.

Au moment où le pire guettait le Gabon, il fallut une dose de dépassement de soi pour voir se tenir une telle initiative. Contre toute attente fort heureusement, certains acteurs politiques de de renom à l’instar de Pierre-Claver Maganga Moussavou et de René Ndemezo’o Obiang entre autres, acceptèrent de s’asseoir côte à côte avec ceux qu’ils venaient de combattre au cours de cette bataille d’idées.

Cependant, bien qu’il soit tout autant vrai que beaucoup d’observateurs ont vu ce rapprochement soudain comme de simples opportunités politiques offrant à ces opposants dits républicains qui, on pouvait le soutenir, y sont allés pour se refaire une petite santé politique, le parti au pouvoir venait tout de même de marquer un grand coup. Il tenait là, et grâce à ces ralliements qui allaient tout de suite après, hériter de juteux postes au gouvernement et à la tête d’institutions importantes, venait de phagociter une opposition qui semblait toute unie et radicalisée autour de Jean Ping qui revendiquait encore sa victoire supposée.

Force est aujourd’hui de constater que bien que Michel Menga M’Essone, Mouckagni Iwangou, David Mbadinga et René Ndemezo’o restent bien en place dans ce gouvernement, la sortie récente de Pierre Claver Maganga Moussavou qui occupait quand même la prestigieuse fonction de Vice-président de la République, poste réhabilité  justement à l’issue de ce dialogue, assène tout de même un coup à ces résolutions.

Dans un climat de hautes suspicions au sommet de l’État depuis que le chef de l’État et principal artisan desdits accords n’a plus pris la parole publiquement depuis son accident vasculaire cérébrale (AVC) survenu à Riyad en Arabie Saoudite en octobre 2018, tout porte à confusion.

Englués dans des scandales financiers liés à leur gestion ministérielle pour certains comme David Mbadinga au commerce, et pour d’autres, devant leur présence audit gouvernement, qu’au seul Ali Bongo, quel pourrait être leur avenir aussi longtemps que ce dernier ne se prononce plus sur la vie politique et institutionnelle du pays?

Dans la perspective d’un remaniement ministériel persistante et qui, selon plusieurs sources bien introduites, pourrait intervenir durant ce mois de juin, qu’adviendrait-il si ces derniers cités qui continuent de se réclamer de l’opposition à l’intérieur du système au pouvoir, venaient à y être éjectés?

Pour l’heure, le sursis semble compter ses heures pour les accords d’Agondje.

Patrick Montalier

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