Le président gabonais Ali Bongo Ondimba va bientôt braver ses capacités cognitives. © Présidence de la République.

Le collectif « Appel à agir », qui regroupe une dizaine de personnalités de l’opposition et de la société civile, a avait déposé un recours pour demander à la justice de désigner un médecin pour une expertise médicale sur l’état de santé d’Ali Bongo. Le lundi 12 août, la Cour d’appel de Libreville a refusé de se dessaisir du dossier et a fixé une audience au 26 août.

A seulement six jours de la confrontation du président de la République avec le collectif ‘‘Appel à Agir’’ devant la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Nicaise Narcisse Ondo Nguema, avocat au Barreau du Gabon, rappelle qu’Ali Bongo «n’est pas un citoyen ordinaire» et doute que ceux qui interrogent ses capacités cognitives soient habilités à le faire.

Présentée par les détracteurs du président Ali Bongo comme «le procès du siècle», dans un libre propos dans la parution du quotidien national L’Union du mardi 20 août, Nicaise Narcisse Ondo Nguema ne réfute pas que l’assignation du chef de l’exécutif devant la Cour d’appel judiciaire de Libreville, le 26 août prochain, soit aussi «inédite» que le conflit opposant ces dernières semaines la Cour d’appel à la Cour de cassation sur la requête en référé introduite, le 28 mars, par les membres du collectif ‘‘Appel à Agir’’.

Si le jeune docteur en Droit et avocat au Barreau du Gabon semble comprendre les motivations du groupe des 10, il n’en relève pas moins trois principaux «problèmes de droit» que cette affaire soulève.

Car explique -t-il, «la problématique de l’état de santé du président de la République se rattache inéluctablement aux dispositions de l’article 13 de la Constitution, relatives à la vacance du pouvoir». C’est le deuxième «problème» soulevé par cette affaire, relève le jeune avocat selon lequel «seuls le gouvernement statuant à la majorité absolue de ses membres ou les bureaux des deux chambres du Parlement statuant ensemble à la majorité de leurs membres peuvent mettre en cause la capacité d’Ali Bongo à exercer sa fonction de président de la République». Pour lui, le Tribunal de première instance de Libreville a eu raison de dénier leur qualité à agir aux requérants, le 2 mai dernier.

Jouissant de l’autorité de la chose jugée, «toute autre lecture du droit menacerait les bases de notre système judiciaire, de notre édifice juridique et, au-delà, de l’État de droit», recommande -t-il.

Au régard des disposition prises par Nicaise Narcisse Ondo Nguema, il est difficile d’affirmer que cette confrontation aura lieu. Dans tous les cas, le Collectif « Appel à agir » serait en face d’une situation qui nécessiterait de redoubler un temps soit peu, un peu plus de sagesse.

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