Economie

Scandale à la CNAMGS : l’agent comptable a-t-il pris le directeur général la main dans le sac ?

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C’est ce que le chaos qui règne actuellement à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) laisserait transparaître. Un climat délétère qui pourrait ruiner l’une des plus belles réussites du Gabon en matière de politique sociale. Depuis le 20 mai 2021, les cadres dirigeants n’ont pas perçu leurs salaires. Pour cause; l’agent comptable, Axel Ognagna, refuse de les payer au motif que le directeur général, Séverin Anguilet, aurait abusé de sa position pour doubler les salaires de plusieurs de ses proches, selon plusieurs sources concordantes. Une injustice que le représentant de la Comptabilité publique refuserait de cautionner.

Le bras de fer entre le directeur général et l’agent comptable n’est pas sur le point de connaître son épilogue. Un bras de fer dont l’ensemble des cadres dirigeants fait les frais. Pour le compte du mois de mai, seuls les salaires des agents ont été payés. Les cadres dirigeants sont, quant à eux, réduits à la « mendicité ». Pour tenter de sortir la tête de l’eau afin de faire face à leurs charges respectives, ils ont trouvé l’ingénieuse idée d’adresser des demandes à la direction générale tout en justifiant leurs besoins pour espérer obtenir une infime avance sur les salaires qui leur reviennent de droit. Ce qui implique plusieurs aller-retours entre la direction générale, la direction des ressources humaines et la comptabilité. Une situation humiliante et dégradante.

« S’il [l’agent comptable, NDLR] refuse de payer les cadres dirigeants au motif que les salaires ne respecteraient pas le décret 87 pris le 30 mars 2021, ça n’engage que lui »

Séverin Anguilet

Pour tenter de démêler le vrai du faux, i24gabon a rencontré Séverin Anguilet. C’est un directeur général visiblement affaibli, dos contre le mur et désarçonné qui a reçu notre rédaction dans son bureau, en compagnie de sa directrice des ressources humaines. Quelque peu condescendant, l’on parvient tout de même à déceler dans son regard qu’il est assis sur des charbons ardents et qu’il est, sans doute, au bord du gouffre. Il sait que la CNAMGS est au bord de l’implosion et que ses jours y seraient désormais comptés. Des sources affirment qu’il pourrait y être débarqué dans les tous prochains jours.

D’entrée, le directeur général argue son obligation de réserve qui lui interdirait de donner des informations à la presse : « J’ai l’obligation de réserve. Je ne dois communiquer qu’avec ma hiérarchie à qui j’ai déjà communiqué toutes les informations à ce sujet [augmentation des salaires de certains cadres, NDLR] », a-t-il lancé. Quelques minutes ont suffi pour que sa langue se délie. Choisissant minutieusement les informations qu’il veut bien divulguer. Sans doute celles qui sont à son avantage. Normal.

« C’est le conseil d’administration qui fixe les rémunérations. Le directeur général exécute les décisions de ce conseil »

Séverin Anguilet

Sur la question des salaires des cadres dirigeants retenu par l’agent comptable, le directeur général reconnaît d’emblée que l’information est exacte, mais affirme ignorer totalement les raisons qui motivent ce dernier : « S’il [l’agent comptable, NDLR] refuse de payer les cadres dirigeants au motif que les salaires ne respecteraient pas le décret 87 pris le 30 mars 2021, ça n’engage que lui », a-il-déclaré. « Il a payé les mêmes salaires depuis plusieurs mois, maintenant, il dit qu’il ne paye plus », a-t-il poursuivi. Le décret 87 porte sur le plafonnement des rémunérations des cadres dirigeants des établissements parapublics et des sociétés d’Etat. Axel Ognagna avait été nommé lors du Conseil des ministres en sa séance du 13 octobre 2020. Le décret 87 a donc été signé un peu plus de 5 mois plus tard. L’on peut comprendre que c’est fort de ce nouveau texte qu’il a décidé de mettre un terme à ce qui pourrait s’apparenter au népotisme et qui se traduit par une attribution anarchique des salaires au sein de la CNAMGS.

Au sujet de ses proches qui bénéficieraient des salaires indûment doublés, en l’occurrence son directeur administratif et financier, Henry Ogouamba et son conseiller juridique, Loïck Apanga, le directeur général n’a, à aucun moment, réfuté cette accusation. Il s’est plutôt réfugié derrière le conseil d’administration : « C’est le conseil d’administration qui fixe les rémunérations. Le directeur général exécute les décisions de ce conseil », a-t-il confié.

« les salaires ont été validés par le conseil d’administration dans le cadre de ses délibérations. »

Séverin Anguilet

Dans sa réponse laconique et évasive, le directeur général tenterait d’embarquer le conseil d’administration avec lui en laissant planer le doute sur son implication. Sa réponse laisserait entendre que : soit (1) la décision de doubler les salaires objet de discordes  a été prise par le conseil d’administration et qu’il ne fait que l’exécuter, soit (2) il reconnaît implicitement en être l’initiateur, mais sous le regard bienveillant du conseil d’administration. D’ailleurs, il confiera plus tard que « les salaires ont été validés par le conseil d’administration dans le cadre de ses délibérations. »

De l’autre côté, l’agent comptable que nous avons également sollicité a fait prévaloir la même obligation de réserve, mais que, toutefois, il est disposé à répondre à toutes nos questions sous condition d’une autorisation de la direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor.

Des sources affirment qu’Axel Ognagna aurait déjà rendu compte à son chef, Franck Yann Koubdje, directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor, qui, à son tour aurait écrit au directeur général de la CNAMGS pour lui signifier que son agent a correctement fait son travail et que s’il ne veut pas que le paiement des salaires des cadres dirigeants traîne davantage, il lui suffirait de faire une réquisition. Laquelle réquisition donne tout pouvoir au directeur général quelles que soient les réticences de l’agent comptable. Une proposition à laquelle l’intéressé refuserait d’accéder. Séverin Anguilet aurait, depuis, écrit à la présidence de la République pour obtenir la mutation de l’agent comptable devenu très encombrant, affirment les mêmes sources.


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