Placé en détention préventive début décembre 2019, suite à l’opération scorpion, l’ex ministre du Pétrole, Noël Mboumba, a bénéficié contre toute attente d’une liberté conditionnelle le 11 mars 2020. Alors que les conditions de sa libération continuent d’alimenter les débats, les Gabonais apprennent à travers les réseaux sociaux qu’il serait menacé de mort. Vérité ou unième tentative de manipulation? La parole de Noël Mboumba ne convainc plus personne.

C’est à travers les réseaux sociaux que les Gabonais ont appris que Noël Mboumba, membre d’honneur de l’Association des Jeunes Emergents Volontaires (AJEV) de Brice Laccruche Alihanga, récemment mis en liberté conditionnelle, serait menacé de mort. Si les auteurs et les mobiles de ces pseudos menaces de mort n’ont pas été révélés, nombreux sont ceux qui doutent de la véracité de cette information. Le parcours de transhumant politique et les récentes révélations à l’encontre de ses amis de l’AJEV ont contribué à jeter le discrédit sur la probité morale de la victime présumée et à mettre sa parole définitivement en doute.

Les volte-face politiques, Noël Mboumba en a fait des tonnes. Originaire de la province de la Nyanga, Noël Mboumba a fait ses premiers pas politique au sein de l’Union du Peuple Gabonais (UPG) de feu Pierre Mamboundou, où selon plusieurs témoignages ; il aurait fait vivre «l’enfer» à plusieurs hauts cadres de ce Parti.

Voyant ses ambitions au sein de l’UPG et son ascension professionnelle stagner, Noël Mboumba va jeter son dévolu sur le Parti Démocratique Gabonais (PDG) et l’association Renaissance de Yves-Fernand Manfoumbi au moment où ce dernier avait réussi à intégrer le cercle très fermé des hommes de confiance d’Ali Bongo et de son ancien Directeur de Cabinet, Maixent Accrombessi. Association au sein de laquelle il milite jusqu’à la déchéance de son Président fondateur, après avoir bénéficié de sa totale bienveillance.

La montée en puissance de Brice Laccruche Alihanga et son association AJEV a été une autre aubaine pour le nomade politique. Très vite, il flaire le bon filon et fait un spectaculaire retournement de veste en intégrant cette nouvelle association. Il était de notoriété publique de l’ex directeur de cabinet d’Ali Bongo garantissait une ascension professionnelle à tous les cadres de son association. Noël Mboumba n’a pas dérogé à la règle ; il se verra confier le très convoité ministère du Pétrole.

Quelques mois seulement après la descente aux enfers des membres de l’AJEV et à la faveur de sa liberté sous condition, Noël Mboumba a animé une conférence de presse au cours de laquelle il a implicitement accusé son bienfaiteur d’hier d’être coupable des faites de détournements des deniers publics qui lui sont reprochés. Ce qui lui a valu d’être la risée des réseaux sociaux et de perdre définitivement l’estime des Gabonais.

Au Parti d’Ali Bongo, nombreux sont les cadres qui se méfient un peu plus de l’ancien ministre du Pétrole. « Qui a trahi un jour trahira toujours », lâche un Secrétaire National de ce Parti, quand d’autres militants laissent entendre qu’ils le regarderont désormais en chien de faïence. Pas sûr que son avenir politique y soit assuré.

Pour une bonne partie des Gabonais qui se sont exprimés à travers les réseaux sociaux, les récentes révélations sur les prétendues menaces de mort qui pèseraient sur Noël Mboumba seraient un gros tissu de mensonge. L’ancien protégé de Brice Laccruche Alihanga tenterait de manipuler l’opinion en se faisant passer pour une victime, dans le seul but de regagner la sympathie des Gabonais et la réhabilitation d’Ali Bongo.

Patrick Montalier

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