Financé en parité par l’Etat gabonais et le Fonds Européen de Développement (FED) à hauteur de 11.800.000.000 Francs CFA au total, dans le cadre du programme d’assainissement prioritaire des eaux pluviales de Libreville « bassin versant de Nzeng-Ayong », les travaux de construction du nouveau pont de la Mairie de Nzeng-Ayong et la nouvelle voie pavée longeant le canal depuis l’échangeur de Nzeng-Ayong jusqu’à la Nouvelle Cité peinent à être livrés. Pour cause : le ministre de l’Economie et des Finances, Jean-Marie Ogandaga, refuserait d’autoriser le paiement par l’Etat gabonais d’une enveloppe de 732.000.000 Francs CFA.

La pluie qui s’est abattue sur Libreville dans la nuit du 16 au 17 décembre 2020 a encore occasionné des inondations à Nzeng-Ayong. La question de l’achèvement des travaux du nouveau pont de la Mairie et la nouvelle voie pavée longeant le canal depuis l’échangeur de ce quartier jusqu’à la Nouvelle Cité, pour le bien-être des populations du sixième arrondissement de Libreville, tel que souhaité par Ali Bongo, est donc plus que jamais cruciale. Le Trésor public attendrait en vain que le ministre Jean-Marie Ogandaga autorise le paiement de 732.000.000 Francs CFA à l’espagnol CONDURIL, sur un total d’arriérés, en conformité avec le protocole d’entente, d’un montant de 961.228.904 Francs CFA.

Réalisé à 90%, l’ambitieux projet sensé « contribuer à renforcer les infrastructures communautaires du sixième arrondissement de la commune de Libreville et à améliorer la gestion du réseau de drainage des eaux, dans une perspective de l’incidence des maladies d’origine hydrique et de l’impact environnemental du le bassin versant sur le milieu naturel » est actuellement suspendu. La filiale gabonaise de CONDURIL, entreprise adjudicataire des travaux, attend toujours le paiement d’une part des arriérés de la partie gabonaise et l’Union Européenne (UE), à son tour, conditionne le décaissement final de son enveloppe de 1.938.349.360 Francs CFA au paiement desdits arriérés, pour la livraison définitive du projet.  

Ali Bongo pourrait avoir beaucoup de mal à convaincre en 2023 par la faute de certains de ses collaborateurs. Difficile de comprendre que des chantiers qui auraient pu impacter considérablement son bilan en matière d’amélioration des conditions de vie des Gabonais soient régulièrement arrêtés ou abandonnés par la seule volonté de certains membres du Gouvernement. Ce qui semble être le cas de Jean-Marie Ogandaga.

En novembre 2019, l’Agence Française de Développement (AFD) avait accordé un prêt de 25.000.000.000 Francs CFA au Gabon dans le cadre de son Plan de Relance Economique (PRE) et en décembre 2019, le Fonds Monétaire International (FMI) avait approuvé le décaissement de 72.700.000.000 Francs CFA dans le cadre du mécanisme élargi de crédit (MEDC). Rien ne saurait donc justifier l’incapacité du Gabon à payer une si infime somme nécessaire à la livraison d’un projet à fort impact pour les populations tel que le bassin versant de Nzeng-Ayong.

Débuté en juin 2015 pour une durée initiale d’exécution de deux ans, c’est finalement en mai 2018 que le projet aurait dû prendre fin en raison de plusieurs avenants.  

Nous-y reviendrons.

Patrick Montalier

Laisser un commentaire

Entrez votre commentaire!
Entrez votre nom ici